Kosovo: les bombardements à l’uranium appauvri par l’OTAN ont provoqué des cancers

N° 13, 23 juin 2020

  Un tribunal français confirme la causalité de l’uranium appauvri

Un tribunal français a reconnu, au bout d’un procès de quatre ans, que la mort d’Henri Friconneau, chef de gendarmerie, décédé en 2015 d’un angiosarcome rare, était due à l’uranium appauvri (DU) auquel il avait été exposé lors de sa mission de la Kfor au Kosovo. Ce fait a été relaté par le journal français «La voix du gendarme»le 31 mai 2020.

 Le magazine français Marianne avait rapporté le 1er novembre 2019: «Avec ses collègues, il [Friconneau] est logé dans d’anciennes casernes de l’armée yougoslave qui portent encore les traces des bombardements. En mai 2014, l’enquêteur […] est hospitalisé en raison de douleurs persistantes à la fesse gauche contre lesquelles les anti-inflammatoires restent inefficaces. Les analyses permettront de découvrir qu’il est rongé par un ‹angiosarcomemétastatique osseux, touchant le foie, les poumons et le cœur.› […] Il décédera un an plus tard.»1

Sa femme, Laurette Friconneau, a désormais le droit d’inscrire le nom de son mari sur la liste des personnes méritant la mention «Mort pour la France». Elle a également obtenu une pension de veuve de victime de guerre, ce que le ministère français de la défense lui avait refusé auparavant. Henri Friconneau avait été stationné au Kosovo pendant six mois en 2000 et était en contact avec l’uranium appauvri contenu dans les restes de missiles utilisés par l’OTAN contre les Serbes en 1999.

Grâce aux contre-enquêtes menées par son avocate, Me Véronique Rachet-Darfeuille, un tribunal français, après ceux d’Italie, a maintenant reconnu le lien entre les bombardements de l’OTAN avec des munitions à l’uranium appauvri et l’augmentation des cancers chez les militaires, mais aussi chez les civils.

L’avocat, Me Srdjan Aleksic de la ville serbe de Nis représente depuis des années de nombreuses familles ayant perdu des proches depuis la guerre en Yougoslavie en 1999 en raison de cancers multiples, pour la plupart graves. Il prépare actuellement des procès dans tous les pays membres de l’OTAN ayant participé à la guerre d’agression contre l’ancienne République fédérale de Yougoslavie et a déjà initié un procès devant la justice serbe.

Me Aleksica formé une équipe de 26 avocats et professeurs de Serbie, d’Allemagne, de France, d’Italie, de Russie, de Chine, de Grande-Bretagne et de Turquie pour les procès internationaux. De nombreux médecins se sont également engagés à documenter et à analyser les graves conséquences de l’utilisation de l’UA. Selon le ministère serbe de la santé, on diagnostique en moyenne un cancer par jour chez un enfant. Au total, le taux de patients atteints de cancer, soit environ 33 000 cas par an, est cinq fois plus élevé qu’avant l’attaque de l’OTAN (https://de-de.facebook.com/ratnasteta/). Me Aleksic avait organisé deux conférences internationales sur ce sujet à Nis en 2018 et 2019 (voir Horizons et débats n° 15 du 9 juillet 2019).

Il a déclaré au journal de la diaspora serbe «Vesti» le 3 juin 2020: «La confirmation du lien de cause à effet entre ces maladies les plus graves et les ogives à l’uranium appauvri arrive maintenant, après l’Italie, d’un autre pays de l’OTAN, et c’est un événement important. Elle représente l’espoir nous permettant de prouver le lien entre le bombardement de la République fédérale de Yougoslavie en 1999 et la propagation croissante du cancer dans le sud de la Serbie, au Kosovo et en Métochie. C’est donc une grande opportunité pour les malades et les familles des défunts de prouver cette vérité et de recevoir une compensation pour cela». Selon «Vesti», Me Aleksic a maintenant soumis 1500 dossiers au Comité des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, avec les dossiers médicaux de citoyens serbes persuadés que leur maladie est due aux bombardements de l’OTAN:«J›ai expliqué leurs cas et demandé que des enquêteurs indépendants soient envoyés en Serbie pour examiner la protection des droits de l’homme et de l’environnement.»•

1Marianne, magazine 1 nov. 2019, Jean-Claude Jaillette


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