Libye / Khalifa Haftar se rapproche d’Israël

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Un site israélien affirme qu’«en réalité, des relations souterraines (entre la Libye et Israël) existent déjà, notamment par le biais du gouvernement d’Al Sissi, en Egypte, ou les services des Emirats arabes unis, grands soutiens du gouvernement Haftar».

Le maréchal Khalifa Haftar semble beaucoup miser sur le soutien présent et futur d’Israël dans sa stratégie de conquête du pouvoir. Abdelhadi Al Haj, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement de Benghazi non reconnu par la communauté internationale et rival de celui de Tripoli, a déclaré, à ce propos, dimanche à Maariv, repris par i24news, qu’il espère que la Libye établira des relations normales avec Israël «si le problème palestinien était résolu». Il s’est entretenu avec le journallors d’une visite à Paris.

Un autre site israélien précise dans la foulée qu’«en réalité, des relations souterraines existent déjà, notamment par le biais du gouvernement d’Al Sissi, en Egypte ou les services des Emirats arabes unis, grands soutiens du gouvernement Haftar»«Ensemble, ils déjouent déjà, et de puis des années, les tentatives de contrebande terroriste, notamment au profit du Hamas palestinien à Ghaza ou du Wilayat de Daech au Sinaï.

La Libye d’Haftar s’attaque aux trafiquants d’armes du Hamas», ajoute la même source. A l’occasion, Al Haj a expliqué que son gouvernement bénéficie, entre autres, du soutien de la Russie, de la France, de l’Egypte, du Royaume-Uni et de l’Arabie Saoudite.

L’ANL bombarde des civils

Malgré tous ces soutiens, l’autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL) de Khalifa Haftar, qui a lancé en avril dernier une offensive pour s’emparer de Tripoli, est toujours enlisée aux portes de la capitale libyenne où siège le gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par l’ONU. La ligne de front n’a pas bougé depuis des mois. En revanche, les troupes de Benghazi bombardent régulièrement Tripoli, faisant de nombreuses victimes. Au moins cinq civils ont encore été tués dans des raids aériens dans la nuit de dimanche à lundi contre le quartier résidentiel d’Al Swani, situé dans la banlieue de la capitale libyenne.

Selon Amin Al Hachemi, porte-parole du ministère de la Santé, les missiles utilisés à Al Swani (25 kilomètres au sud de Tripoli) ont causé aussi d’importants dégâts matériels. Le GNA a accusé «des drones émiratis» d’avoir mené les frappes contre une zone résidentielle, tuant des civils, «dont une femme et un enfant, et blessant plus de 10 personnes».

L’Onu accuse aussi certaines puissances étrangères de mener une guerre par procuration depuis l’offensive de Haftar contre Tripoli, ayant causé la mort de 200 civils. Plus de 2000 combattants ont en outre péri et 146 000 Libyens ont été déplacés, avait indiqué samedi l’émissaire de l’ONU en Libye, Ghassan Salamé.

Paris fait machine arrière

Sur un autre plan, Florence Parly, ministre française des Armées, a décidé de revenir sur sa décision, prise en février 2019 lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, de livrer six embarcations rapides à la Libye pour équiper ses gardes-côtes. Les semi-rigides Silinger de 12 mètres de la gamme «Rafale», acquis par la France pour être offerts au gouvernement libyen, étaient destinés à la «lutte contre l’émigration clandestine et le terrorisme», selon le ministère des Armées.

Ces bateaux devaient normalement être livrés par Sillinger, au printemps 2019, à Toulon, à la Marine nationale qui les aurait ensuite acheminés en direction de la Libye. «Si la cession a été un temps envisagée au bénéficie de la Libye, la ministre a finalement décidé de ne pas livrer les embarcations à cet Etat (…).

La situation en Libye ne permet par de réaliser ce don d’embarcations», souligne le ministère français des Armées dans un mémoire envoyé à la Cour administrative d’appel de Paris, cité par plusieurs journaux. Cette instance avait été saisie, en avril 2019, par huit ONG qui réclamaient la suspension de cette livraison.

Financement libyen : Un autre proche de Sarkozy cité

Thierry Gaubert, un ancien collaborateur de Nicolas Sarkozy, aurait touché 440 000 euros en 2006, un virement provenant du régime libyen d’El Gueddafi et ayant transité par un compte appartenant à l’intermédiaire Ziad Takieddine. C’est ce qu’a affirmé dimanche le site Mediapart.

Condamné en mai 2012 à une peine de prison avec sursis pour «détournement de fonds», Thierry Gaubert aurait reçu cette somme le 8 février 2006 sur un compte ouvert aux Bahamas par un virement de la société Rossfield, qui serait la propriété de Ziad Takieddine. L’argent aurait ensuite été transféré le lendemain sur un compte non identifié.

Or, Rossfield n’aurait été «alimentée que par de l’argent du régime d’El Gueddafi», selon le journal, à hauteur de six millions d’euros en 2006. Thierry Gaubert a affirmé au journal en ligne que «Rossfield n’est pas du tout Ziad Takieddine» et qu’il ne s’agit «pas du tout d’argent libyen». Après six ans de travail des juges d’instruction, une somme d’indices troublants a donné corps à la thèse d’un financement de la campagne présidentielle victorieuse de Nicolas Sarkozy en 2007 par le régime d’El Guedddafi.  A. Z.


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L’impossible équation libyenne

Tout en s’évertuant à assurer les préparatifs d’une hypothétique conférence de Berlin censée baliser la voie à une solution du conflit à partir de la proclamation d’un cessez-le-feu entre l’Armée nationale libyenne autoproclamée (ANL) du général à la retraite Khalifa Haftar et les forces loyales au gouvernement d’union nationale (GNA) reconnu par la communauté internationale et conduit par Fayez al Serraj, l’émissaire de l’ONU, Ghassan Salamé, s’est laissé aller à un constat désabusé, hier, lors d’un entretien accordé à l’agence France Presse. Déplorant une arrivée des armes en provenance de diverses parties prenantes au conflit, une allusion pieuse au rôle des Emirats arabes unis, de l’Egypte et de l’Arabie saoudite alliés de Haftar et à celui de la Turquie et du Qatar qui soutiennent les milices de Tripoli, le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU a également évoqué, pour la première fois, la tension naissante entre les Etats-Unis et la Russie qui viennent compliquer une donne passablement trouble par elle-même. Outre l’offensive menée par l’ANL, depuis avril dernier, contre la capitale Tripoli, le chaos est aggravé par les batailles sporadiques autour des champs pétroliers, faisant craindre à la compagnie nationale libyenne NOC de graves dommages à ses installations et un risque patent pour l’unique source de revenus de tout le peuple libyen. La tragédie est telle que les luttes de pouvoir et les rivalités tribales se conjuguent pour annihiler les multiples tentatives de solution de la crise par le dialogue inclusif. Après son transfert de Tobrouk à Benghazi, voici quelques mois, le Parlement est divisé entre partisans de Haftar et ceux d’Al Serraj tandis que le gouvernement non reconnu de Tobrouk s’appuie sur l’ANL pour contrecarrer les initiatives du GNA, en permanence. Cela leur est facile puisqu’ils bénéficient, à ce stade, de l’interférence de diverses parties qui, pour certaines, sont accusées de mener une guerre par procuration au détriment du peuple libyen.Washington est sorti, ces derniers jours, de son mutisme pour accuser la Russie d’apporter son aide militaire à Khalifa Haftar par l’entremise d’une société de recrutement de mercenaires, une information aussitôt démentie par Moscou. On se souvient, à cet égard, de l’appui apporté par le président américain Donald Trump au général à la retraite Khalifa Haftar, lors d’un entretien téléphonique qui a précédé de peu le déclenchement de l’offensive contre Tripoli. De toutes parts, les uns et les autres pointent l’ingérence d’autrui et jurent leur attachement à la démarche onusienne fondée sur la recherche d’un dialogue consensuel que les parties libyennes saluent haut et fort et balaient d’un revers de main en même temps. Et pour cause, Haftar a bien déclaré qu’il ne voyait aucun inconvénient à sa participation à la conférence de Berlin, pressé qu’il était par les dirigeants italiens, ce qui n’a pas empêché son adjoint, le général al Mesmari, d’asséner sa certitude que la solution militaire est la seule qui puisse sortir la Libye de l’ornière. Ghassan Salamé travaille à la préparation de la conférence de Berlin pour laquelle les puissances européennes ont souhaité la mise à l’écart de l’Algérie et de la Tunisie, deux membres essentiels du groupe des pays voisins agissant au titre de la feuille de route onusienne et mandatés par l’Union africaine. La dernière réunion préparatoire de cette conférence doit avoir lieu le 10 décembre prochain et réunira, autour des membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, l’Allemagne, l’Italie, l’Egypte, les Emirats et la Turquie qui ont tous aux réunions précédentes. La conférence de Berlin ambitionne d’apporter une « couverture internationale » à un « éventuel accord interlibyen », programmé pour janvier 2020, avec en parallèle une invitation à Genève des parties libyennes concernées. Bon prince, Ghassan Salamé semble avoir eu le feu vert pour indiquer que d’autres pays pourraient assister à la conférence dont ils ont été exclus, jusque-là. Quant aux parties libyennes, elles jouent leur partition habituelle dont rien ne dit qu’elle sera porteuse d’ « espoir ». / Chaabane BENSACI

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