L’Organisation de la coopération islamique rejette «le plan américano-israélien» : Une cause sacrée

Emboîtant le pas à la Ligue arabe, l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a rejeté, à son tour, hier, le plan du président américain Donald Trump pour résoudre le conflit israélo-palestinien, selon un communiqué rendu public à l’issue d’une réunion extraordinaire, à Djeddah, en Arabie saoudite.

S’appuyant sur un argumentaire identique à celui de l’organisation pan-arabe, l’OCI estime que «ce plan américano-israélien (…) ne répond pas aux aspirations minimales et aux droits légitimes du peuple palestinien», et ce, à l’unanimité de ses 57 pays membres parmi lesquels l’Algérie, l’Egypte, l’Arabie saoudite, l’Iran, la Turquie ou encore l’Indonésie et la Malaisie, soit «plus d’ un milliard et demi de musulmans à travers le monde». Faut-il rappeler que le plan du trio Jared Kushner, gendre du président Trump et sioniste très actif sur le terrain de l’extension des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, David Friedmann, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Etat hébreu, et Jason Greenblatt, conseiller de Trump et ancien vice-président de la Trump organization, ces deux derniers étant, également, de farouches partisans de la politique expansionniste menée par Benjamin Netanyahu, vise à entériner l’annexion de plus de 130 colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, où se sont installés plus de 400.000 colons, ainsi que de la vallée du Jourdain, une plaine fertile déjà placée sous le contrôle de l’ Etat israélien, sans faire partie de son territoire.
Après avoir décrété que la ville sainte d’El Qods est « la capitale indivisible de l’Etat hébreu », l’administration Trump propose, dans le « deal du siècle », une capitale d’un hypothétique Etat palestinien située dans les alentours d’El Qods, à Abou Dis exactement, un village palestinien excentré, faisant ainsi table rase de la volonté des Palestiniens de construire un Etat dont El Qods- Est serait la capitale. Une volonté appuyée par les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et de la communauté internationale dans son ensemble. Voilà pourquoi l’OCI a voulu insister, tout particulièrement, sur «le droit de l’Etat de Palestine à la souveraineté sur toutes les terres palestiniennes occupées en 1967, y compris Jérusalem-Est» et sur «son ferme engagement en faveur de la solution à deux Etats». Last but not least, l’organisation panislamique a également invité tous ses membres à «ne pas coopérer, de quelque manière que ce soit, avec les efforts de l’administration américaine pour faire appliquer» ce plan outrageusement favorable à l’Etat hébreu et au sionisme, incarné par ses artisans. Néanmoins, la question se pose de savoir quelle va être la véritable attitude de certains pays qui sont des alliés inconditionnels des Etats-Unis et donc de la politique américaine en faveur d’Israël. Il s’agit, bien évidemment, des Etats membres du Conseil de Coopération du Golfe (CCG ) qui ont bruyamment « salué » le plan de Trump, avant d’effectuer un rétropédalage, à l’occasion de la réunion, samedi dernier, au Caire, de la Ligue arabe et, hier, celle de Djeddah. A l’opposé de cette réaction, l’Algérie, la Turquie et l’Iran ont rejeté catégoriquement ce plan et réitéré leur soutien total à la cause palestinienne dont la Ligue arabe a justement souligné qu’elle repose sur le droit international, unilatéralement bafoué par les Etats-Unis et Israël.
Quant au président Mahmoud Abbas qui avait annoncé, à cette même occasion, une « rupture de toutes les relations, y compris sécuritaires, avec lsraël et les Etats-Unis, il a modulé, hier, cette déclaration, expliquant qu’elle pourrait intervenir au moment où le plan Trump entrerait en application. Or, à en juger par les propos du Premier ministre israélien qui prépare les élections législatives de mars prochain en vantant sa politique d’annexion des colonies, ce n’est plus qu’une question de forme.

Chaabane BENSACI

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