OCS : L’alternative de Shangai

 

 

Le sommet de l’Organisation de coopération de Shangai (OCS) aura revêtu une dimension particulière. La réunion de l’OCS, dont sont membres la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan et quatre ex-Républiques soviétiques d’Asie centrale, a gravité autour de la présence des présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine qui confirment leur volonté de constituer une «alternative» à l’hégémonie occidentale.

Tête d’affiche des discussions centrées sur un «contrepoids» à l’influence occidentale, la Russie et la Chine connaissent des relations tendues avec les Etats-Unis qu’ont aggravé les différends autour de l’Ukraine où Moscou mène une opération militaire spéciale. Entre Pékin et Washington, les tensions se sont exacerbées avec la visite récente de Nancy Pelosi à Taiwan, considérée légitimement par Pékin comme partie intégrante de son territoire.

Poutine et Xi ont ainsi appelé à «un ordre international plus juste», rejetant l’unilatéralisme qui fonde l’action des Etats-Unis et de leurs alliés occidentaux. Les moments forts de ce sommet témoignent des turbulences qui affectent les relations internationales, marquées par une aggravation des sanctions américaines à l‘encontre de plusieurs pays dont la Russie, l’Iran et la Corée du Nord tandis que l’État sioniste, lui, bafoue impunément le droit international par sa colonisation illégale et effrénée des territoires arabo-palestiniens occupés depuis juin 1967, sa politique d’apartheid et ses meurtres quotidiens d’enfants palestiniens, sans véritable réaction de la «conscience» occidentale.

De nombreuses réunions bilatérales auront permis de situer les nouveaux enjeux, Poutine et Xi Jinping ayant rencontré, tour à tour, leurs homologues indien, iranien et turc, notamment, Ankara étant observateur, ainsi que Ilham Aliev, président de l’Azerbaïdjan dont le pays vient d’avoir des heurts avec l’Arménie. À ses partenaires, Poutine a promis des «explications» sur l’ Ukraine afin de dissiper leurs «inquiétudes». Quant à Xi Jinping, l’occasion est idéale pour conforter son image, un mois avant le prochain congrès du Parti communiste chinois qui devrait lui conférer un troisième mandat. Pour l’un et l’autre, cette rencontre en Asie centrale revêt une grande importance dans la mesure où elle traduit l’émergence d’un nouveau pôle, assis sur les «Nouvelles routes de la soie» et porteur d’une ambition qui alarment les puissances occidentales.

Chaabane BENSACI


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