L’affaire Bensaada ou la pensée unique du Hirak

ab_book3.jpg  Par Islem B.

Un vieil adage nous rappelle une triste réalité aujourd’hui: « Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre » ou « celui qui ne veut pas lire ». A l’évidence, c’est devenu une tâche herculéenne pour les « intellectuels » du Hirak que de tendre l’oreille, étant donné qu’ils n’ont cessé d’attaquer et de salir M. Bensaada depuis des semaines, lui faisant le mauvais procès de vouloir déstabiliser ce mouvement, alors qu’à la page 66 de son livre, il revendique clairement : « Le Hirak, qui a été un événement unique et grandiose dans l’histoire de l’Algérie, se doit d’être intrinsèquement algéro-algérien et de ne permettre aucune collusion avec des intérêts étrangers. »

N’est-ce pas ce qu’exigeait le Hirak au tout début ? Avec toutes ces pancartes qui honnissaient les pays étrangers connus pour leurs politiques d’ingérence et de récupération des mouvements, Ou bien était-ce juste un subterfuge ?

 

Cependant, au lieu de confronter les idées et les théories (Soft power, « regime change », la théorie du « chaos contrôlé » …) de « débattre » et de soulever les voiles de la « réalité ». On invite à l’autodafé, au lynchage. Quel signe de maturité intellectuelle !!!
Or, les sophistes de la « raison pure » du Hirak, devraient connaître ce concept un peu poussiéreux qu’on appelle « l’anti-impérialisme » qui est le cheval de bataille de M. Bensaada depuis plus de dix ans et cela ne date pas du 22 février.
Ainsi, tout porte à croire donc, que ce « coup de filet » du Hirak ou ce réseau bien structuré des happy few qui n’hésitent pas à prendre conseil une ou deux fois par an chez des « think tank » américains pour « l’exportation de la démocratie » est assurément salutaire pour la santé des peuples qui veulent prendre en main leurs destinées… Décidément, ils sont tellement humanistes ces oligarques américains qu’ils n’arrêtent pas depuis 20 ans de subventionner des opposants dans le monde arabe pour le bien de l’humanité, n’y voyez aucun « conflit d’intérêts » sinon vous êtes « complotistes » et surtout si vous trouvez de troublantes ressemblances entre les modes opératoires dans ce genre de mouvement: Égypte, Tunisie, Bahreïn, Yémen, Iran… ne vous inquiétez pas ce n’est que la fameuse « ruse de la Raison dans l’Histoire » de Hegel.

Nous serions tentés de poursuivre le questionnement, pourquoi donc un tel mouvement avec une jeunesse algérienne si dense, n’a pas engendré ni « nouvelle pensée politique » ni « partis politiques » ni « organisations » ni « leaders » ni même un vulgaire « Manifeste du 22 Février » durant les six premiers mois ? On a juste vu défiler les « mêmes » opposants d’il y a 10-20-30 ans… tandis qu’au même moment les « gilets jaunes » ont vu émerger des figures comme : « Éric Drouet », « Ingrid Levavasseur », « Juan Branco », « Maxime Nicolle », « Jacline Mouraud » … tous moins de 50 ans et sortis du bon vieux « peuple » et avec des « projets ». Donc, on l’a compris il est interdit de s’organiser et de « problématiser » tant que « Mouwatana » & Co. gèrent avec leurs petits compagnons la contestation. En un mot un beau « sabotage » des forces « réellement » vives.

Une « élite » sortie de nulle part…

En résumé, après la « pensée magique » de la « Révolution du sourire » sortie par certains médias (faites confiance à leur connaissance de la Philosophie et de l’Histoire), la « pensée unique » est maintenant bien installée avec cette « élite » sortie de nulle part qui ne procède d’aucune pensée ni philosophique ni politique, qui refuse tout dialogue ou débat, qui distribue les cartes des « journalistes du Hirak », qui insulte, vitupère et excommunie, Cette « élite » est prête pour l’Inquisition, il ne lui manque que le pouvoir, comme le disait Sonia Siam (psychiatre du Documentaire de Fr 5) : « Beaucoup sont tombés dans des travers qu’eux-mêmes dénoncent. »

En conclusion, je salue le courage de M. Bensaada qui a osé dès le début du mouvement faire sa lecture géopolitique, il me rappelle un « certain » Raymond Aron, au lendemain de Mai 68, face à des étudiants et à des philosophes déchaînés, qui a sorti « la Révolution introuvable » en parlant de « Carnaval » et de « Psychodrame » …

Le Hirak est-il prêt à écouter d’autres sons de cloches que le fameux “Yetna7aw Ga3” ?


 

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