Les pieds noirs d’Algérie, une histoire française


        Il y a 5 ans disparaissait René Vauthier

                         Le caméraman au service de la Résistance

Il y a 5 ans, le 4 janvier 2015, le réalisateur et scénariste militant René Vautier décédait. Né dans une famille ouvrière, il commence son engagement dans la Résistance au nazisme alors qu’il n’a que 15 ans. Il reprend ses études à la Libération et sort diplômé de l’Institut des hautes études cinématographiques en 1948.

L’année d’après, la ligue de l’enseignement lui commande un film visant à mettre en valeur «l’oeuvre éducative» de la France dans les colonies africaines. Il se rend alors au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali et en Haute-Volta. Indigné par ce qu’il voit, il transforme son film en mise en accusation de la colonisation. La police s’empare alors de ses bobines. Il réussit cependant à sauver 15 minutes de bandes qui deviendront le film «Afrique 50». Le film sera interdit pendant plus de 40 ans, mais sera diffusé clandestinement ce qui vaut à son auteur 13 inculpations et une condamnation à 1 an de prison.

Sorti de prison en juin 1952, il fait différents tournages anticolonialistes. En 1956, il rejoint clandestinement l’Algérie et se met au service du FLN. Il met sa caméra au service de la lutte en filmant le combat des moudjahidine. Il réalise un nouveau film «l’Algérie en flammes» visant à faire connaître la lutte indépendantiste du peuple algérien. À l’indépendance, il s’installe à Alger pour aider à la naissance d’un cinéma algérien. Il sera ainsi le formateur de la première génération de cinéastes algériens. De retour en France en 1968, il participe à la mise en place des collectifs cinéastes-ouvriers visant à faire de la caméra une arme de la lutte des classes. Il n’abandonne pas cependant son engagement anticolonialiste.

En 1972, il sollicite ainsi en tant que producteur un visa d’exploitation pour la diffusion du film de Jacques Panijel «Octobre à Paris». Devant le refus du pouvoir, il commence une grève de la faim en janvier 1973 pour exiger «la suppression de la possibilité, pour la commission de censure cinématographique, de censurer des films sans fournir de raisons». Soutenu par de nombreuses personnalités, il obtient satisfaction au bout de 31 jours.

Toute son oeuvre témoigne de son engagement anticapitaliste (avec par exemple «Un homme est mort» en 1950 ou «Classe de lutte» en 1969), antiraciste (avec par exemple «les trois cousins» en 1970 ou «Vous avez dit français?» en 1986), antifasciste (avec par exemple «A propos de…l’autre détail» en 1984 ou «Châteaubriant, mémoire vivante» en 1985.), féministe (avec «Quand les femmes ont pris la colère» en 1977) et bien sûr anticolonialiste (avec «Afrique 50» en 1950 ou «Avoir vingt ans dans les Aurès» en 1972).


 

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