Revue de presse du 22/12/2019

CHINE

La marine chinoise met en service le CNS Shandong, son deuxième porte-avions

« Un peu plus de huit ans après le CNS Liaoning, la composante navale de l’Armée populaire de libération [APL] a officiellement mis en service le CNS Shandong, son deuxième porte-avions, jusqu’alors connu sous le nom de « Type 001A », lors d’une cérémonie ayant réuni 5.000 invités à Sanya, sur l’île de Hainan [Mer de chine méridionale]. « Le président Xi Jinping, qui est également secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois et président de la Commission militaire centrale a participé à la cérémonie », a précisé l’agence Xinhua. Cette mise en service du CNS Shandong est « un gros cadeau » pour « marquer le 20e anniversaire de la rétrocession de Macao à la Chine », a déclaré M. Xi. « Pékin a choisi Sanya [pour la mise en service] parce que la direction militaire voulait souligner l’importance géostratégique de la deuxième base de porte-avions » de l’Armée populaire de libération, après celle de Qingdao, a-t-il expliqué. »

Source : Opex 360

À quoi servira le « soleil artificiel » que prépare la Chine pour 2020 ?

« Le nouveau réacteur à fusion nucléaire envisagé par la Chine vise à résoudre les obstacles de cette technologie, tout en enregistrant de nouveaux records de température. Alors que des scientifiques américains essayent de reproduire l’équivalent d’un trou de ver, en Chine, un « soleil artificiel » est plutôt à l’ordre du jour. L’expression n’est pas entre guillemets pour rien : comme pour le trou de ver, il ne s’agit pas vraiment de reconstituer un véritable soleil, mais plutôt de générer sur Terre une réaction physique similaire. Pas de scénario hollywoodien à l’horizon, donc. En tout cas, l’annonce a été faite lors de la China Fusion Energy Conference en cette fin d’année 2019 : le projet nommé HL-2M Tokamak est officiellement prévu pour 2020, et il aura une vraie portée scientifique. Tout n’est pas nouveau dans cette idée d’un « soleil artificiel ». En fait, il en existe même déjà un en Chine, depuis 2006 : le réacteur Experimental Advanced Superconducting Tokamak. Son rôle est de reproduire la même fusion nucléaire que celle qui opère au sein du Soleil, afin d’en exploiter l’énergie. »

Source : Numerama

CRISE BANCAIRE

La Banque de France veut lancer sa propre cryptomonnaie

« Le gouverneur de la Banque de France a annoncé, le 4 décembre dernier, vouloir expérimenter une « monnaie digitale de banque centrale » (MDBC), destinée dans un premier temps aux transactions interbancaires et aux « grands comptes ». La Banque de France lancera un appel à projets à la fin du premier trimestre 2020. Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, explique que « la mise en place d’une monnaie digitale de banque centrale nous permettrait de disposer d’un puissant levier d’affirmation de notre souveraineté face aux initiatives privées du type Libra ». Cette décision fait suite à l’impulsion de l’Union européenne (UE), qui, face à l’émergence de projets de cryptomonnaies privées tels que le projet Libra de Facebook, incite les banques centrales européennes à se prémunir contre les risques engendrés, notamment en développant leur propre « stablecoin ». »

Source : Portail de l’IE

DÉMOCRATIE

Violence de la répression contre le mouvement social : la justice première responsable

« La grande journée du 5 décembre dont personne à part quelques militants déguisés en journalistes, n’a pu nier qu’elle était un grand succès a pourtant encore été marquée par d’intolérables violences policières. Aux quatre coins de la France, des caméras nous ont montré des forces de l’ordre utiliser sans aucun complexe une violence parfois sans frein faisant rejaillir sur l’ensemble du corps de la police un déshonneur qui mettra très longtemps à se dissiper. Depuis un an, des policiers dévoyés, s’en donnent à cœur joie et utilisent tranquillement des méthodes dignes de milices de nervis, contre des manifestants voulant user de leurs libertés constitutionnelles. Le tout sous le regard des caméras, des témoins, et de la presse étrangère effarée, sans que cela émeuve beaucoup la presse mainstream. À longueur de plateaux et de colonnes, les éditocrates se relaient pour stigmatiser les violences des manifestants et rester muets sur l’effarant bilan d’un an de violences policières. »

Source : VU DU DROIT

ENVIRONNEMENT

La révolution énergétique allemande dans l’impasse

« Il y a tout juste six mois, le grand magazine allemand Der Spiegel titrait en Une: «Un travail bousillé en Allemagne» à propos de la fameuse révolution énergétique allemande, l’Energiewende. Elle a été lancée il y a 15 ans et a englouti des centaines de milliards d’euros pour faire basculer la production d’électricité en Allemagne vers le tout renouvelable, éolien, solaire et biomasse tout en abandonnant le nucléaire. Mais elle est loin de produire les effets escomptés. Non seulement, les prix de l’électricité ne cessent de monter, mais les émissions de CO2 ne baissent pas du tout comme espéré. L’Allemagne est ainsi de loin le plus gros émetteur de CO2 d’Europe (22% du total l’an dernier), bien plus du double de la France (9,3%). Car outre-Rhin, quand il n’y a pas de vent ou de soleil, ce sont les centrales à charbon, particulièrement polluantes, qui prennent le relais. »

Source : Transitions énergies

La révolution énergétique allemande dans l’impasse

« Il y a tout juste six mois, le grand magazine allemand Der Spiegel titrait en Une: «Un travail bousillé en Allemagne» à propos de la fameuse révolution énergétique allemande, l’Energiewende. Elle a été lancée il y a 15 ans et a englouti des centaines de milliards d’euros pour faire basculer la production d’électricité en Allemagne vers le tout renouvelable, éolien, solaire et biomasse tout en abandonnant le nucléaire. Mais elle est loin de produire les effets escomptés. Non seulement, les prix de l’électricité ne cessent de monter, mais les émissions de CO2 ne baissent pas du tout comme espéré. L’Allemagne est ainsi de loin le plus gros émetteur de CO2 d’Europe (22% du total l’an dernier), bien plus du double de la France (9,3%). Car outre-Rhin, quand il n’y a pas de vent ou de soleil, ce sont les centrales à charbon, particulièrement polluantes, qui prennent le relais. »

Source : Transitions énergies

La pénible conclusion d’une COP calamiteuse

« « C’est de la négociation par épuisement à son pire », regrette un ancien négociateur des Philippines. La COP25 s’est enfin terminée ce dimanche midi après toute une nuit de reports de la séance plénière finale. Sans, pourtant, qu’un véritable accord ait été trouvé. Le texte final reste bien loin des exigences nécessaires face à la crise climatique. II « souligne l’urgence d’améliorer les ambitions dans le but d’assurer les meilleurs efforts de mitigation et d’adaptation de tous les États ». Le minimum syndical —après une intervention en urgence de l’Espagne dans les négociations— avant la COP26 de Glasgow l’an prochain et l’activation du mécanisme d’ambition prévu par l’Accord de Paris. « Les principaux acteurs dont on espérait des avancées n’ont pas répondu à ces attentes, mais […] nous avons arraché le moins mauvais résultat possible, contre la volonté des grands pollueurs », a réagi Laurence Tubiana, directrice générale de la Fondation pour le climat. »

Source : REPORTERRE

FRANCE

Accès régulé à l’énergie nucléaire : la bataille ne fait que commencer…

« La loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité) de 2010 a mis en place le mécanisme dit de l’Arenh (accès régulé à l’énergie nucléaire historique) permettant depuis mi-2011 et jusqu’en 2025, aux concurrents d’EDF d’acheter à prix coûtant 100 TWh/an d’électricité nucléaire (~25 % de la production française de nucléaire de l’époque). L’objectif était de permettre aux fournisseurs alternatifs, produisant à l’époque de l’électricité thermique plus coûteuse, ou qui achetaient de l’électricité sur le marché de gros à un prix supérieur au coût du nucléaire, de pouvoir concurrencer EDF. Le mécanisme a bien fonctionné et tous les opérateurs considèrent que cela a permis à ces entrants de gagner des parts de marché. Mais aujourd’hui certains voudraient le renforcer tandis que d’autres, et notamment EDF, souhaitent le supprimer. En effet, plus le nombre d’entrants augmente, plus la demande d’Arenh va augmenter, réduisant d’autant la part de marché d’EDF. L’EDF se trouve ainsi menacé d’une « spirale de la mort » en aidant ses concurrents à l’évincer progressivement du marché. »

Source : The conversation

Loi « HAINE » : la trahison du Sénat

« Le Sénat vient d’adopter la loi « contre les contenus haineux sur internet ». Après ce qui semblait être une première victoire la semaine dernière en commission des lois, le Sénat a finalement renoncé à lutter contre les risques de censure abusive de cette proposition de loi. Sur plusieurs points cruciaux, le texte qu’il a adopté est pire que celui initialement proposé par Mme Avia. En apparence, la victoire de la semaine dernière est maintenue : la principale mesure de la loi, c’est-à-dire l’obligation pour les plateformes de retrait en 24 heures des contenus « haineux » qui leur sont notifiés, a disparu de l’article 1er du texte. Mais il s’agit d’une apparence bien trompeuse. Hier, cette obligation a refait son apparition sous une autre forme à l’article 2 : le défaut de retrait en 24 heures n’est plus une infraction pénale sanctionnée au cas par cas, mais les plateformes doivent déployer « les diligences proportionnées et nécessaires » pour y parvenir, sans quoi elles s’exposent à une amende administrative du CSA pouvant aller jusqu’à 4% de leur chiffre d’affaire. »

Source : LA QUADRATURE DU NET

Y a-t-il un tournant Macron après 20 ans de réformes sociales ?

« La politique sociale depuis 20 ans. On se dit a priori que c’est l’histoire d’un patient détricotage des acquis du programme national de la résistance freiné par quelques grandes mobilisations. Faisons un bref bilan des 20 dernières années. Le système français est un système qui est mis au défi sur deux plans : 1) sa capacité à s’équilibrer sur longue période et 2) sa capacité à affronter le défi pour les entreprises de l’ouverture à la concurrence. Le premier constat, c’est que du point de vue des dépenses, il est difficile d’étayer la thèse d’une déconstruction sociale. Car la France consacre une part supérieure de son PIB aujourd’hui à la protection (au sens large, en y intégrant les régimes complémentaires) ou au sens étroit, lorsque l’on resserre l’analyse sur les circuits publics. Idem, lorsque l’on prend l’indicateur des prestations versées par habitant en euro constant. Là non plus, on n’observe pas de rupture. Voilà pour la volumétrie. D’où vient alors le sentiment d’un moins disant social ? »

Source : XERFI CANAL

GÉOPOLITIQUE

Les États-Unis vont imposer des sanctions aux entreprises impliquées dans le gazoduc européen Nord Stream 2

« La Chambre des représentants des États-Unis a adopté mercredi à une large majorité des sanctions contre les entreprises impliquées dans le gazoduc Nord Stream 2. Les entreprises et leurs dirigeants sont menacés du retrait de leurs visas et du gel de leurs avoirs aux États-Unis. Le Nord Stream 2 relie directement la Russie à l’Allemagne par la mer Baltique. De là, le gaz est distribué par voie terrestre vers d’autres pays européens. Le gazoduc est parallèle au Nord Stream 1, qui est en service depuis 2011, doublant ainsi sa capacité de 55 à 110 milliards de mètres cubes. L’Allemagne utilise actuellement près de 90 milliards de mètres cubes de gaz par an. Le gazoduc Turkish Stream, qui va du sud de la Russie jusqu’en Turquie en passant par la mer Noire, est également touché par les sanctions. Toutefois, la pose de ce gazoduc, qui fait l’objet des sanctions, est déjà achevée. Nord Stream 2 est également en grande partie terminé. Plus de 1000 des 1230 kilomètres de canalisations ont déjà été posés. La moitié du coût de 10 milliards d’euros est couverte par la société russe Gazprom, tandis que l’autre moitié est répartie entre les cinq sociétés européennes, OMV, Wintershall Dea, Engie, Uniper et Shell. Le gouvernement allemand soutient également le projet. Les deux partis au Congrès américain ont soutenu les sanctions, qui ont été introduites par le sénateur républicain Ted Cruz et la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen. Elles ont été adoptées par 377 voix contre 48 dans le cadre du budget militaire de 738 milliards de dollars, le plus important de l’histoire du pays. »

Source : WORLD SOCIALIST WEB SITE

Confirmations

« Ces derniers jours ont apporté leur lot de nouvelles intéressantes, dont plusieurs confirment ce que nous disons ici, parfois depuis longtemps et pas toujours en accord avec la doxa alternative qui, dans sa lutte contre le système impérial, a tendance à idéaliser tous ceux qui s’y opposent. Ce blog, lui, s’est toujours efforcé de faire la part des choses et de rapporter les faits tels qu’ils sont pour une meilleure compréhension des événements. Si l’empire américain et ses filiales s’y font régulièrement esquinter, ce n’est jamais aux dépens de la vérité. Petit florilège de nouvelles qui apportent de l’eau au moulin des Chroniques… Ce que nous écrivions le 12 novembre a pu causer une certaine gêne. Quoi ? Rendre l’immaculé Evo Morales partiellement responsable de la situation ? Ne pas se lâcher en imprécations contre Bolsonaro mais, au contraire, lui reconnaître une évolution intéressante ? Vous n’y penser pas, voyons, cachez ce billet que je ne saurais voir. »

Source : CHRONIQUES DU GRAND JEU

RÉFLEXION

Nouvelles routes de la soie, « La ceinture et la route »

« Pour parler des relations « technologiques » entre la Chine et l’Europe, il faudrait sans doute remonter avant notre ère, à l’ouverture historique de la route de la soie. L’Occident découvre alors un produit à la fois : · hautement désirable (la vogue de la soie perturbe l’économie romaine dès avant l’ère chrétienne), · lié au secret (dans la mesure où les acheteurs finaux ne savent ni comment elle est fabriquée, ni comment atteindre directement le pays d’origine) · et dont l’exportation a été décidée- par l’Empire dans une stratégie de souveraineté. […] Le hardware et le soft, la route et la muraille, le numérique et le tangible, la souveraineté et le négoce, la copie et l’invention… tout nous semble reposer sur des équilibres et des contrôles, dont rien ne garantit d’ailleurs qu’ils dureront éternellement. Ni qu’ils soient adaptables chez nous ou que de soit souhaitable. Mais qui enseignent au moins aux Européens que l’absence de volontarisme politique et la confiance dans les mécanismes technoéconomiques étaient des erreurs. »

Source : Le site de François-Bernard Huyghe

VUES D’AILLEURS

Hong Kong : des néonazis ukrainiens se joignent au mouvement de protestation

« Des néonazis d’Ukraine se sont envolés pour Hong Kong afin de participer à l’insurrection anti-chinoise, qui a été largement présentée comme un mouvement pro-démocratique pacifique et saluée par les médias occidentaux. Depuis mars 2019, Hong Kong est le théâtre de manifestations et d’émeutes souvent violentes qui ont détruit l’économie de la ville. Le gouvernement américain a financé de nombreux groupes qui dirigent le mouvement pro-occidental et anti-Pékin, et les dirigeants de l’opposition ont travaillé en étroite coordination avec des personnalités politiques conservatrices de Washington telles que Marco Rubio et Steve Bannon, en faisant pression pour des sanctions et autres mesures punitives contre la Chine. De nombreuses délégations de groupes d’extrême droite du monde entier se sont rendues à Hong Kong pour se joindre à la violente insurrection contre Pékin, au cours de laquelle des sécessionnistes ont attaqué la police avec des arcs et des flèches, ainsi que des armes incendiaires lancées par des catapultes, et brûlé vives des personnes. »

Source : ENTELEKHEIA

ÉCONOMIE

Mutation numérique : petits boulots et baisse de productivité

« Partout à travers le monde développé, les performances de productivité se sont affaissées. C’est un symptôme général et un constat statistique que l’on peut de moins en moins mettre sur le compte de la spécificité de la crise de 2008. La violence du choc sur le PIB n’a pas eu fort heureusement des conséquences d’ampleur équivalente sur les capacités de production. Politique monétaire, soutien fiscal aidant, les bilans privés ont encaissé le choc, limitant les faillites et amortissant le choc sur l’emploi. En conséquence, la productivité a plongé partout, et ce trou d’air a affecté les tendances plusieurs années durant. Bâtir sur la base de ce hiatus entre la vitesse d’ajustement des flux et la lenteur d’ajustement des stocks, un discours sur la panne du progrès technique était prématuré 5 ou 6 ans après la crise. Mais 10 ans après le choc, l’effet de traîne de la crise peut de moins en moins être invoqué. Et force est de constater qu’en dépit de l’embellie de l’activité mondiale après 2014, la productivité n’a nulle part rétabli ses rythmes d’avant-crise. Ce simple constat donne du crédit aux tenants de la stagnation séculaire. La révolution digitale a des retombées décevantes en termes d’efficacité productive. »

Source : XERFI CANAL


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