Terrorisme, raison d’État – (Documentaire)

18 juin 2017

Terrorisme, raison d’État est sans doute le documentaire le plus intelligent de la semaine.

En deux parties, le documentaire d’Ilan Ziv (Capitalisme) éclaire, explique, analyse l’omniprésence du terrorisme dans nos actualités et nos esprits, thématique qui a même éclipsé le réchauffement climatique dans les débats de la présidentielle française. Pour ce faire, on repart des racines. Du trauma occidental du 11 septembre et de la réaction du gouvernement Bush, la Guerre de la Terreur. Le réalisateur interroge les protagonistes de l’époque: dirigeants politiques, responsables de la sécurité, généraux en place lors des événements, américains, britanniques, israéliens, français. Son but est d’éclairer les conséquences d’une réaction violente, qui a violé les valeurs démocratiques qu’elle prétendait défendre (à commencer par la Convention de Genève) et, par là, tout foutu en l’air. De 400 membres d’al-Qaida en 2011, on est passés à Daesh, aux dizaines de milliers de djihadistes présents sur toute la planète. Le conflit est mondial et permanent. Et chez nous, les partis xénophobes accèdent au pouvoir et leurs idées polluent l’air du temps. “Si les gouvernements se lancent dans la guerre, c’est d’abord parce qu’ils craignent de perdre le pouvoir face à leurs opinions publiques sous le choc”, a expliqué Dominique de Villepin, impressionnant, au réalisateur. Dans Arte Magazine, celui-ci ajoute: “Il faut lutter avec nos valeurs. Le plus grand succès des islamistes radicaux est de nous avoir tirés vers leur langage. Ils sont barbares, nous le sommes, ils torturent, nous torturons”… Des solutions, on n’en aura pas. Le propos du film n’est pas là. Il s’agit, d’abord, de prendre conscience des erreurs gigantesques commises. La suite sera politique. 

Terrorisme, raison d’Etat (1/2)

Après les attentats du 11 septembre 2001, quels ennemis aller combattre ? Bush la « guerre contre la terreur ». Avant le 11-Septembre, quelque quatre cents personnes avaient prêté allégeance à Al-Qaïda. Seize ans plus tard, on compte des dizaines de milliers de militants djihadistes répartis sur plusieurs continents. Les attaques terroristes se sont multipliées à travers le monde, entraînant en Occident une tension des relations avec les minorités et les pays musulmans. En violant les valeurs démocratiques qu’elle prétendait défendre, la « guerre contre la terreur » lancée par l’administration Bush au lendemain  du 11-Septembre a eu l’effet d' »un coup de marteau dans une fiole de mercure » : elle a fragmenté  une menace autrefois circonscrite, et s’est muée en un conflit mondial et permanent, formidable terrain pour le recrutement djihadiste, mais aussi pour les groupes xénophobes qui montent en puissance, en Europe comme aux États-Unis. Tel est le sombre bilan qu’établissent, face au réalisateur Ilan Ziv (Capitalisme), des dirigeants politiques, des responsables de la sécurité et des généraux américains, britanniques, français et israéliens qui ont vécu les événements de l’intérieur et au plus haut niveau. Qu’ils restent fidèles à leurs actes passés, comme le néoconservateur Richard Perle, ou qu’ils s’avouent hantés par la culpabilité, comme l’ancien bras droit de Colin Powell au secrétariat d’État, Lawrence Wilkerson, ils permettent de comprendre pourquoi cette guerre qui a ravagé le Moyen-Orient et causé des centaines de milliers de morts constitue une impasse dont il est difficile de sortir. Du mensonge délibéré qui a déclenché l’invasion de l’Irak aux « sites noirs » où les États-Unis ont pratiqué la torture, Ilan Ziv décrypte les faits à l’aune du présent, pour montrer combien les concepts forgés par une administration pourtant discréditée restent plus que jamais agissants. Première partie Ce premier volet retrace la genèse d’une « guerre » dont l’ennemi n’a jamais été défini, une zone aveugle qui a peut-être conduit les États-Unis et leurs alliés sur une voie sans retour, en les poussant à s’attaquer non seulement à Al-Qaïda, mais aussi aux États accusés de soutenir l’organisation, et en premier lieu l’Afghanistan des taliban. Dans sa méconnaissance totale du Moyen-Orient, l’administration Bush a cru pouvoir reproduire les expériences menées avec succès en Allemagne et au Japon après la Seconde Guerre mondiale en 1945.

Terrorisme, raison d’État 2ème partie | ARTE

Le Seconde volet : Comment la décision américaine de s’affranchir de la convention de Genève a voué sa contre-offensive à l’échec avant même l’invasion de l’Irak, en alimentant les insurrections à venir et en contribuant à propager la violence. Hier par la légitimation de la torture, aujourd’hui avec les assassinats ciblés par drones et leurs dommages « collatéraux », cette guerre qui ne cesse de s’étendre déstabilise en profondeur l’ordre politique mondial et remet en question les valeurs sur lesquelles se sont construites nos démocraties… Comment la « guerre contre la terreur » lancée par l’administration Bush après le 11-Septembre a amplifié la menace djihadiste pour se muer en un conflit mondial qui menace le coeur même de la démocratie. Avant le 11-Septembre, quelque quatre cents personnes avaient prêté allégeance à Al-Qaïda. Seize ans plus tard, on compte des dizaines de milliers de militants djihadistes répartis sur plusieurs continents. Les attaques terroristes se sont multipliées à travers le monde, entraînant en Occident une tension des relations avec les minorités et les pays musulmans… Du mensonge délibéré qui a déclenché l’invasion de l’Irak aux « sites noirs » où les États-Unis ont pratiqué la torture, ce film documentaire décrypte les faits à l’aune du présent, pour montrer combien les concepts forgés par une administration pourtant discréditée restent plus que jamais agissants…


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