Crise en Ukraine : Sergueï Lavrov donne une interview exclusive à RT

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’exprime dans une interview exclusive à RT à Moscou ce 18 mars, alors que l’opération militaire russe en Ukraine entre dans sa troisième semaine.

Vendredi 18 mars 10h26 CET «J’espère que l’amitié entre nos peuples frères [Russes et Ukrainiens] triomphera», conclut le ministre russe des Affaires étrangères.

10h22 CET «Nous n’avons rien contre le peuple ukrainien […] nous avons une culture, une histoire, une perception de la vie, des traditions familiales en commun», a déclaré Sergueï Lavrov en déplorant que les efforts des Occidentaux visent à «faire de l’Ukraine une anti-Russie».

10h15 CET «Les médias américains et anglais ont une place dominante, ils sont suivis par les médias allemands et francophones», a affirmé le ministre russe.  «[Via] TikTok, Washington s’adresse aux enfants, et il est très facile de leur laver le cerveau», a-t-il déploré. «[RT et Sputnik] ont été interdits au Palais de l’Elysée. Nous avons attiré l’attention de nos collègues français sur le fait que c’était une infraction aux règles de l’OSCE. Ils ont répondu que le droit de l’information n’était applicables qu’aux médias, et que RT et Sputnik n’était pas des médias mais des instruments de propagande», a-t-il également expliqué, en affirmant «connaître toutes les astuces utilisées par les pays occidentaux en matière de guerre médiatique». «Nous savons très bien qu’il n’y a pas de liberté de la presse. Aux Etats-Unis, il n’y a peut-être que Fox News qui propose un contenu alternatif», a-t-il jugé.

10h09 CET Sergueï Lavrov a rappelé la position russe : «Aucun pays ne peut assurer sa sécurité au dépens de celle des autres.» «L’objectif de notre opération et d’assurer une sécurité à la population qui a été soumise à des bombardements depuis de nombreuses années, et nous voulons une démilitarisation de l’Ukraine pour qu’aucune menace dirigée vers la Russie n’émane de ce territoire […] Il y aussi un objectif de dénazification, c’est une exigence inconditionnelle […] Nous voulons aussi la suppression de tout texte législatif encourageant les persécutions contre la population russophone qui a fait l’objet de discriminations très fortes en Ukraine», a-t-il expliqué.

10h06 CET «Les Ukrainiens comprennent bien qu’il est absolument exclu de créer une zone d’exclusion aérienne […] et d’autres mesures qui pourraient provoquer une confrontation directe entre l’OTAN et la Russie», a déclaré Sergueï Lavrov.  «Nous avons clairement fait comprendre que tout chargement d’armements qui pourrait venir sur le territoire de l’Ukraine sera pour nous une cible directe», a-t-il également mis en garde.

10h02 CET «Nous insistons sur l’organisation de négociations pour la signature d’un protocole obligatoire de la convention d’interdiction des armes chimiques, pour obliger à plus de transparence de la part de tous les pays membres», a déclaré Sergueï Lavrov, tout en précisant qu’il était convaincu que les Etats-Unis allaient «se prononcer contre».

09h56 CET «Les militaires russes […] ont découvert des documents de l’état-major ukrainien témoignant du fait que l’Ukraine prévoyait une offensive massive sur les républiques du Donbass, et la Russie a devancé cette opération qui était planifiée», a affirmé le chef de la diplomatie russe. «D’autres documents ont été découverts concernant l’activité de laboratoires chimiques et biologiques sous l’autorité des Etats-Unis», a-t-il également annoncé, avant de poursuivre en ces termes : «Nous savons qu’ils ont fait des expériences avec des infections potentielles qui peuvent être orienté vers des groupes ethniques vivant dans l’Est de l’Ukraine.»

09h55 CET «Nous ne fermons aucune porte à l’Occident, c’est l’Occident qui ferme les portes […] nous sommes prêts à travailler mais nous garderons en tête ce qui s’est passé, le fait qu’il ne sont pas toujours fiables», a affirmé Sergueï Lavrov.

09h51 CET «Les pays qui ont adopté des sanctions contre la Russie l’ont fait sous la pression et sous le chantage des Américains, avec des menaces concrètes adressées à des responsables occidentaux, concernant leurs enfants qui font des études, leurs comptes en banque, etc.», a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères.

09h48 CET «Les Etats-Unis veulent un monde unipolaire. Ce ne sera pas un village mondial, ce sera un village américanisé. Peut-être un village où l’on dansera sur la musique du plus fort», a déclaré Sergueï Lavrov, avant d’affirmer que «la Russie n’est pas du tout prête à suivre cet ordre du jour américain».

09h46 CET Le chef de la diplomatie russe a expliqué que la Russie avait été visée au niveau international par environ 5 000 sanctions à titre individuel, «un record» dépassant selon lui celles prononcées contre la Corée du Nord. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’exprime dans une interview exclusive à RT à Moscou ce 18 mars, alors que l’opération militaire russe en Ukraine entre dans sa troisième semaine. La campagne actuelle de sanctions des pays occidentaux contre la Russie, la question des biolaboratoires américains en Ukraine, ou encore la guerre dans le secteur de l’information devraient être abordées. LIRE AUSSI L’offensive russe en Ukraine se poursuit, l’OTAN veut éviter une «guerre ouverte» avec la Russie


 

      Moscou estime qu’une Troisième Guerre mondiale serait « nucléaire et dévastatrice »

Sergueï Lavrov - Sputnik France, 1920, 02.03.2022
© Sputnik . Eugueniy Odinokov
Sergueï Lavrov a dit craindre qu’une Troisième Guerre mondiale ne soit placée sous le signe de l’arme nucléaire. Le chef de la diplomatie russe a mis Washington face à ses responsabilités dans un entretien à Al Jazeera.
Alors que de nouvelles négociations entre la Russie et l’Ukraine sont attendues sous peu, Moscou a évoqué l’hypothèse d’un embrasement planétaire.
Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a ainsi mis l’accent sur le risque nucléaire inhérent à un conflit de grande ampleur dans un entretien à Al Jazeera. Le ministre a ajouté que Washington connaissait pertinemment les risques d’une telle escalade.
« Une Troisième Guerre mondiale serait nucléaire et dévastatrice », a expliqué le chef de la diplomatie russe à la chaîne qatarie.
Dans ce contexte, Sergueï Lavrov a ajouté que Moscou ne permettrait pas à l’Ukraine de se doter de l’arme nucléaire, pouvant menacer le peuple russe. Moscou s’était déjà inquiété fin février des positions de Kiev qui avait déclaré vouloir accéder au statut de puissance nucléaire.
Des propos pris au sérieux par les autorités russes au regard du passé de l’Ukraine, qui a hérité de certaines technologies nucléaires soviétiques. Fin février, Vladimir Poutine avait ainsi déclaré que la menace de Kiev de se doter de bombes nucléaires n’était pas une « bravade vide ».

L’Ukraine, toujours engagée dans la voie du nucléaire civil malgré la tragédie de Tchernobyl, possède également des stocks d’uranium qui pourrait lui permettre de créer des « bombes sales », comme l’expliquait récemment à Sputnik l’analyste politique Vladimir Jarikhine.

Surpris par certaines sanctions

Sergueï Lavrov a par ailleurs réaffirmé que la Russie n’était pas isolée sur la scène internationale, malgré les événements. Un langage déjà tenu par le Kremlin qui a insisté ce 28 février sur son partenariat avec la Chine.
Le ministre a néanmoins admis qu’il ne s’attendait pas à ce que les sanctions antirusses s’étendent jusqu’aux sphères culturelles et sportives.
« Nous étions prêts pour ces sanctions, mais nous ne nous attendions pas à ce qu’elles ciblent des athlètes, des intellectuels, des artistes et des gens des médias », confie Sergueï Lavrov à Al Jazeera.
Côté sport, l’équipe nationale de football russe a notamment été bannie de la prochaine Coupe du monde, alors qu’elle était encore à la lutte pour une qualification. Une mesure qualifiée de « discriminatoire » par la Fédération nationale de football russe.
Le club de foot du Spartak Moscou a également été exclu de la Ligue Europa, dont il devait jouer les huitièmes de finales face à Leipzig. Les équipes nationales russes ont aussi été déclarées indésirables dans les compétitions internationales de rugby, de tennis ou encore de hockey sur glace.
Les sportifs russes ne pourront pas non plus participer aux compétitions d’athlétisme en 2022, même sous bannière neutre, a décidé la Fédération internationale d’athlétisme.
Enfin, le monde de la culture a également été touché. Plusieurs chefs d’orchestre russes ont vu leurs concerts déprogrammés par de prestigieuses institutions comme la Scala de Milan ou le Carnegie Hall.


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