Vénézuela / «Parvenir à un accord» ou «ne pas se rendre» : Maduro et Guaido s’adressent aux Vénézuéliens

Pendant que Nicolas Maduro assistait au défilé militaire pour célébrer le 208e anniversaire de l’indépendance du Venezuela, l’opposant politique Juan Guaido s’est adressé à ses partisans, leur demandant de ne pas se rendre.

A l’occasion de la fête nationale du Venezuela, le président Nicolas Maduro a assisté le 5 juillet aux célébrations militaires de l’armée vénézuélienne à Caracas, se félicitant notamment de «la pleine capacité de la puissance militaire de l’armée, de la marine, de l’aviation, de la Garde nationale et de la milice bolivarienne, unies pour la défense de la paix et de l’intégrité territoriale du pays».

La veille du défilé, le chef de l’Etat vénézuélien avait évoqué sur Twitter l’avancée des négociations d’Oslo, exprimant sa volonté de «construitre un dialogue pour la recherche de solutions et d’accords» : «Continuons d’avancer pour la paix de la patrie !», avait-il écrit.

De son côté, Juan Guaido, président autoproclamé reconnu par plusieurs pays dont la France, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Brésil ou encore le Canada, s’est également adressé aux Vénézuéliens en ce jour de fête nationale, appelant ses partisans à poursuivre la mobilisation afin de renverser son opposant. «Ne vous rendez pas ! Nous allons y arriver ! N’ayez aucun doute, nous allons réussir», a-t-il lancé à des sympathisants venus manifester contre Nicolas Maduro.

Comme le rapporte l’AFP, face à une mobilisation en baisse, l’autoproclamé président par intérim a demandé à ses sympathisants d’avoir «confiance» dans ses efforts pour déloger Nicolas Maduro du pouvoir. «Je vous demande de faire confiance dans la voie que nous avons empruntée. Nous avons gagné de l’espace dans le monde», s’est-il félicité sur Twitter.

Photo mise en avant : © Carlos Garcia Rawlins / Miraflores Palace Source: ReutersPhotomontage avec Nicolas Maduro à gauche et Juan Guaido à droite.


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Michelle Bachelet dénonce l’érosion des institutions et de l’Etat de droit au Venezuela


La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Michelle Bachelet / (c) ONU Photo/Laura Jarriel

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a affirmé vendredi à Genève que les principales institutions et l’Etat de droit au Venezuela ont été « érodés ».

« Comme notre rapport l’indique clairement, les institutions essentielles et l’Etat de droit au Venezuela ont été profondément érodés », a déclaré devant le Conseil des droits de l’homme, Michelle Bachelet, lors de la présentation de son rapport sur le Venezuela, publié la veille.

Au Venezuela, « l’exercice de la liberté d’opinion, d’expression, d’association et de réunion, et du droit de participer à la vie publique, comporte un risque de représailles et de répression », a souligné la Haut-Commissaire. « Notre rapport fait état d’attaques contre des opposants, réels ou supposés, et des défenseurs des droits humains, allant de menaces et de campagnes de diffamation à la détention arbitraire, à la torture et aux mauvais traitements, à la violence sexuelle, aux meurtres et aux disparitions forcées », a-t-elle ajouté.

Mme Bachelet a également insisté sur le recours d’une « force excessive et meurtrière » utilisé à plusieurs reprises contre les manifestants. Elle a également fait état « d’un recours excessif » à la force dans le cadre d’opérations de sécurité menées par les Forces d’action spéciales « avec de multiples meurtres, principalement de jeunes hommes ». « Nombre d’entre eux peuvent constituer des exécutions extrajudiciaires », a-t-elle relevé.

Le Venezuela critique la méthodologie du rapport et demande la fin du « blocus »

« Le décès en détention d’un capitaine de la marine à la retraite, qui aurait eu lieu après la torture, il y a six jours, est profondément regrettable », a ajouté la cheffe des droits de l’homme, rappelant également « l’ouverture d’une enquête et l’arrestation de deux agents du contre-espionnage militaire dans ce contexte ».

La Haut-Commissaire note, toutefois, que les cas de torture signalés au Venezuela sont fréquents dans le contexte de la détention arbitraire. « Les autorités doivent veiller à ce que les enquêtes soient menées dans le respect des normes internationales, établir les responsabilités et, le cas échéant, offrir des recours pour tous les cas d’allégation de torture », a-t-elle fait valoir.

Face à ce sombre tableau décrit par la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, le gouvernement vénézuélien a dénoncé jeudi les « innombrables imprécisions et erreurs du rapport de Mme Bachelet.

« C’est un document qui ne repose sur aucune rigueur scientifique et qui est émaillé de graves erreurs méthodologiques et qui ressemble à un simple calque des rapports précédents », a déclaré William Castillo, le Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela. Selon Caracas, le rapport adopte une vision sélective, ouvertement partiale et fait fi dans sa totalité des informations fournies par l’Etat. « Il suffit de mentionner le fait des 558 personnes interrogées, 460 l’ont été à l’étranger. Ce qui signifie que 82% des opinions qui figurent sur le rapport ont été recueillies en dehors du Venezuela », a dit le Vice-Ministre vénézuélien.

Selon M. Castillo, le rapport de l’ONU ne fait aucune mention « des importantes avancées enregistrées au Venezuela en matière des droits de l’homme et ignore les graves conséquences du blocus économique illégal criminel et immoral pour l’ensemble de notre peuple ».

« Le Venezuela n’est pas aveugle à ses problèmes mais tout effort pour les régler devrait partir d’un constat des causes structurelles », a- conclu le Vice-Ministre, tout en demandant « la fin du blocus » contre son pays.


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