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Farid DAOUDI
Qui sort vraiment gagnant des législatives? | Idriss Aberkane en direct
Certes il y a de mauvaises nouvelles: Borne et Rousseau réélus, mais tout de même le sinistre Véran est dégagé vertement de sa circonscription et perd donc son immunité parlementaire; après avoir tant menacé Martine Wonner c’est lui qui pourrait bien se retrouver sous enquête désormais Mélenchon Premier Ministre? Je n’y crois pas une seule seconde. Pas plus que je ne crois à la capacité des deux blocs latéraux à pouvoir censurer le centre voire destituer Macron à la majorité des deux tiers. En réalité, l’extrême centre peut désormais siphonner à droite comme à gauche, et ne va pas s’en priver…
Les élections législatives de 2022 : un nouveau paysage politique en France
Une victoire mitigée pour le nouveau front populaire
Les élections législatives de 2022 en France ont apporté leur lot de surprises et de résultats mitigés. Bien que le nouveau front populaire, mené par Jean-Luc Mélenchon, ait réussi à s’imposer comme la principale force d’opposition, sa victoire n’est pas sans ombre au tableau. Avec seulement 71 députés, le mouvement de la France insoumise n’a pas réussi à s’imposer comme une majorité à l’Assemblée nationale.
De plus, certains éléments de la coalition du nouveau front populaire, comme Darmanin, Borne et Rousseau, ont été réélus, ce qui soulève des questions sur la cohérence de cette alliance. La trahison de certains cadres comme Ruffin, qui cherche à récupérer le « petit parti » de Roussel, montre également les tensions internes au sein de cette nouvelle force politique.
Le renforcement de l’extrême centre
Face à cette situation, le président Macron et la macronie semblent avoir les cartes en main. Grâce à un système d’apparentements et de désistements, l’extrême centre a pu se renforcer et siphonner des voix à la fois à droite et à gauche. Cela a permis de fragiliser les deux blocs traditionnels, rendant la France quasiment ingouvernable sans l’intervention de Macron.
En effet, la macronie a réussi à diviser les Républicains, rendant ce parti incapable de s’opposer efficacement. De même, le Rassemblement national, malgré ses gains, reste dans une position difficile, incapable de gouverner en l’état. Cette situation donne à Macron tout le loisir de faire imploser le nouveau front populaire sans même avoir à nommer un Premier ministre issu de l’opposition.
Le rôle déterminant des médias
Cette victoire de l’extrême centre ne serait pas possible sans le rôle déterminant joué par les médias mainstream, qui contrôlent largement le débat public et le champ magnétique de l’Assemblée nationale. Face à cette mainmise, il est essentiel que se développent des médias citoyens indépendants, comme le Canard enchaîné à gauche ou TV Libertés à droite, capables de remettre en cause le récit dominant et de donner la parole à des voix alternatives.
Sans une véritable souveraineté nationale, la politique en France risque de se résumer à des discussions stériles, sans réel impact sur le quotidien des citoyens. C’est pourquoi des personnalités comme Arnaud Montebourg, qui incarnent un souverainisme de gauche, devraient être davantage mises en avant par ces médias citoyens.
Vers une nouvelle configuration politique ?
Au final, ces élections législatives marquent une nouvelle étape dans la recomposition du paysage politique français. Avec un extrême centre renforcé, capable de siphonner des voix à droite comme à gauche, et un nouveau front populaire fragilisé, la France semble se diriger vers une configuration politique inédite, où la souveraineté nationale risque d’être une nouvelle fois sacrifiée sur l’autel des intérêts européens.
Il appartient désormais aux citoyens, soutenus par des médias indépendants, de se mobiliser pour exiger une véritable alternative, capable de redonner à la France sa souveraineté et sa capacité à définir son propre avenir.
F.D.
Analyse des élections législatives françaises du 7 juillet 2024
par Dominique Delawarde
Les désistements d’entre deux tours et la campagne médiatique très agressive anti-RN+ qui a suivi les résultats du 1er tour ont réussi à recréer le fameux «front républicain» et à inverser le résultat du 1er tour (en sièges mais pas en voix) transformant le vainqueur en vaincu.
L’Alliance électorale de circonstance Front populaire-Macronie a fonctionné à merveille, de manière inattendue pour moi, tant cette alliance de la carpe et du lapin, pire, cette alliance entre ennemis irréductibles d’hier, me paraissait improbable et difficile à faire fonctionner. Grâce en soit rendue aux médias grand public qui ont su, très habilement, créer la dynamique anti-RN+ et la faire monter en puissance pour finalement influencer subtilement le vote de très nombreux électeurs.
Sans remettre en cause la sincérité du scrutin, il y a tout de même quelques données choquantes dans les résultats tels que présentés par le ministère de l’Intérieur. Elles montrent que les découpages électoraux ont été parfaitement bien faits et que les manœuvres politiciennes d’entre de tours ont été bien concoctées et ont réussies au-delà de toute espérance pour l’alliance Front populaire-Macronie.
Ainsi, pour le seul 2ème tour, le premier parti de France en voix reste, de loin, le RN avec 8,745 millions de voix qui ne lui rapportent que 88 députés. Le Front populaire ne rassemble que 7,005 millions de voix qui lui rapportent 146 députés, quant à Ensemble, il ne regroupe que 6,314 millions de voix qui lui rapportent 148 députés.
En clair, vu comme cela, moins on a de voix au 2ème tour plus on a de députés si la «tambouille» est bien préparée. En fait, si l’on veut comprendre le résultat final, il faut additionner les voix du NPF et de la Macronie 13,319 millions de voix qui ont donné 294 députés.
Si l’on rajoute au RN ses alliés LR/Ciotti qui compte 1,395 millions de Voix, l’ensemble RN+ compte aujourd’hui au 2ème tour :10,140 millions de voix, soit 37,2% des suffrages exprimés, mais n’engrange que 88+16= 104 députés soit 20,8% des députés des 501 circonscriptions attribuées.
L’analyse de François Asselineau, donnée le 7 juin au soir, vers 22h00 me paraît pertinente :
Je retiens de tout cela :
que le premier parti de France en nombre de suffrages et en sièges reste, de très loin, au premier comme au second tour, le Rassemblement national ; Le NFP et Ensemble ne sont pas des partis, mais des coalitions de partis et c’est la coalition de ces deux coalitions qui a pu l’emporter sur le RN+.
Rappelons que dans le système britannique, Keir Starmer avec 33,8% des suffrages exprimés obtient une majorité écrasante de 412 sièges sur 650. En France, dans un système à deux tours, permettant les combinaisons de partis politiques, avec 33,22 % des suffrages exprimés au 1er tour et 37,2% des suffrages exprimés au 2ème tour, l’Alliance RN + LR Ciotti ne remporte, au total que 142 députés sur 577 à l’Assemblée. Si le système anglosaxon avait été appliqué, le bloc RN+ aurait eu 297 sièges dès le 30 juin (majorité absolue +8).
• qu’aucun programme de gouvernement présenté lors de la campagne électorale ne pourra, donc ne sera appliqué faute de moyens financiers pour le faire, dans une France dont l’économie est à la dérive et dont le déficit budgétaire atteint déjà un record historique. Pour ceux qui ont crû qu’on allait raser gratis, il risque fort d’y avoir une immense déception.
• que l’Oligarchie qui a piloté cette élection de main de maître pour ne pas sombrer a fait preuve d’une grande habileté en organisant, par exemple, le licenciement de Meyer Habib dans la 8ème circonscription des français de l’étranger. En tête de 3700 voix au premier tour, Meyer Habib perd de 2000 voix au second. Sans doute devenait-il encombrant et contre-productif à force de trop en faire, notamment sur Gaza. Ses mensonges sur le narratif du 7 octobre 2023 finissaient par être connus et moqués…
https://www.resultats-elections.interieur.gouv.fr/legislatives2024/ensemble-geographique
Une sorte de majorité de bric et de broc, qualifiée d’«Union nationale anti-extrême» pourrait peut être se constituer autour des groupes Ensemble (150 députés avec le premier tour) et LR (39) et en débauchant des députés Place publique de Glucksman (macro-compatibles), écologistes, et des divers droite, gauche, et centre, élus hors des partis qualifiés «d’extrêmes» (RN et LFI) . Ces deux partis ( RN et LFI) rassemblent, à eux seuls et sans leurs alliés, 125+ 76 = 201 députés.
Il est toujours intéressant de voir comment notre élection et notre système démocratique sont perçus à l’étranger, tant il est vrai que notre système à deux tours peut paraître étrange, tant dans le monde anglo-saxon que dans d’autres pays.
https://francais.rt.com/electionslegislatives-france-lavrov-denonce-manipulation-electeurs
Pour conclure, il est peut être heureux pour l’avenir de LFI et du RN, qu’aucun de ces deux partis ne puisse être sélectionné pour gouverner dans la situation où se trouve le pays aujourd’hui. Ça va tanguer très fort et le capitaine et son équipage risque fort d’être jetés à la mer avant qu’il soit bien longtemps, sur une erreur ou une maladresse de pilotage … Il peut aussi être constaté, tant en France qu’au Royaume-Uni que l’oligarchie néoconservatrice, mondialiste et sioniste garde encore le contrôle du pouvoir en Europe, pour le moment.
Au Royaume-Uni, le nouveau Premier ministre Keir Starmer est un «Tony Blair bis» en plus néocon et plus sioniste assumé. Il fréquente le cercle des «Labour Friends of Israël» (LFI) tout autant que la synagogue, avec sa femme et ses enfants. Il sera donc juge et partie, tant sur la politique étrangère du Royaume vis à vis de la Russie que sur la guerre de Gaza, ces deux affaires étant liées. L’alignement sur les néoconservateurs sionistes US en sera très largement facilité. Il n’y aura donc aucun changement à attendre dans la politique étrangère du Royaume-Uni.
En France, tous les partis politiques, à l’exception de LFI (La France Insoumise), ont désormais compris qu’aujourd’hui, l’alignement sur le néoconservatisme sioniste transnational est la clef pour obtenir la complicité des médias et les résultats électoraux qui vont avec. Il n’y aura donc, comme au Royaume-Uni, aucun changement dans la politique étrangère.
Avec von der Leyen à la tête de la commission européenne, et le timide Scholz en Allemagne, rien ne changera vraiment dans le jusqu’au boutisme européen sur la guerre en Ukraine et sur le soutien inconditionnel apporté aux sionistes en Palestine.
Dans l’état de faiblesse et la dynamique de déclin économique et géopolitique de l’UE face à ses concurrents de la multipolarité, la partie de bras de fer pourrait bien devenir dangereuse à l’échelle mondiale. Un animal blessé se défend par tous les moyens.
À ce stade, l’analyse des conséquences économiques des résultats électoraux nous est gracieusement offerte par Marc Touati :
Il est probable que, comme au Royaume-Uni, le vote musulman ait été influencé par la position française sur la guerre de Gaza et qu’il se soit porté massivement et logiquement sur LFI, seul parti à prendre ouvertement la défense de la cause palestinienne. Mais à chacun de se forger son opinion, bien sûr.