Actualités / AU FIL DES JOURS

Belkacem Ahcene-Djaballah

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-Mercredi 14 août 2019 : Le journal américain, «The Wall Street Journal» fait état de l’implication de la filiale algérienne de Huawei dans l’espionnage des opposants politiques aux régimes ougandais et zambien. Le géant chinois aurait recommandé aux dirigeants des deux pays de se renseigner sur le système de cyber-surveillance déjà mis en place par ses soins, en Algérie «pour permettre au vieillissant autocrate Abdelaziz Bouteflika d’épier l’opposition». Le journal affirme que d’importants responsables des services ougandais se sont rendus en Algérie en septembre 2017… Info’ ? Intox ? On sait que, depuis peu, l’entreprise chinoise est la cible d’attaques des autorités américaines, directement ou non… mais, on sait aussi que le clan Boutef’ (dont l’informaticien Said.. et la ministre Houda et peut-être même celle et ceux qui l’ont précédée), depuis son arrivée au pouvoir, avait un «faible» pour le développement et le contrôle des moyens de communication électroniques et numériques… un secteur aux profits colossaux et aux pouvoirs illimités. 

-Samedi 17 août : Le Fln sort du bois avec une manière bien politicienne de faire entendre sa voix et son Sg a vite appris les leçons. Pour réagir au fait que l’instance de dialogue de Krim Younès ait exclu (dans une première phase ?) les partis de l’ex-Alliance. Du chantage en bonne et due forme. Ah bon ! «Je soutiens le hirak… et je demande… la révision du snmg avec une augmentation des salaires des enseignants». L’arme fatale !… juste avant la rentrée sociale et scolaire et alors que le pays commence à connaître des difficultés économiques. 

Citations : 

– Quelle affreuse jeunesse !/ Quelle horrible existence !/Pourquoi faut-il que dans un si beau pays, il n’y ait place que pour haine ? Nous aurions pu vivre heureux/.. /Nos pères nous ont fait un avenir qui nous condamne à nous côtoyer dans l’indifférence ou à nous déchirer avec rage ( Rachid Mimouni, «Le printemps n’en sera que plus beau», © Enal, 1987) 

– Haïr quelqu’un, c’est comme boire du poison en espérant que la victime en meure (…). La haine tue celui qui la garde dans son cœur sans jamais inquiéter la personne à qui elle est destinée (Rachid Amokrane, «Graines de succès. Une philosophie de la réussite», © Synergie Editions, Alger 2014). 

-Au-delà de l’effervescence de l’espace public, ce sont les injustices qui constituent le terreau immuable de la rage et de la haine sociales, dans nos sociétés (Belhimer Ammar, «Les printemps du désert» © Editions Anep, Alger 2016 ) 

– L’Algérie est nourrie au mensonge identitaire. Le mensonge identitaire a engendré l’amnésie. L’amnésie a enfanté la haine de soi. La haine de soi a généré le complexe du colonisé. Le complexe du colonisé a produit les hommes du ressentiment. Les hommes du ressentiment ont accouché des enfants de la violence (Karim Akkouche, «La religion de ma mère». Roman © Editions Frantz Fanon, Tizi Ouzou, 2017) 

– Après l’Indépendance, la vision des ulémas a servi à «nationaliser» les Algériens. Loin de favoriser l’assimilation des populations, elle l’a entravée. Le refus de prendre en considération toutes les étapes culturelles qui ont concouru à la formation de l’Algérie est à l’origine du caractère schizophrénique de «l’identité» algérienne (Mohammed Harbi, «L’Algérie et son destin. Croyants ou citoyens». Essai © Médias Associés, 1994) 

Archives brûlantes : 

– Mercredi 2 octobre 2013 : Le premier ministre en visite à Tébessa : «On en pense pas aux urnes… et le Président sait ce qu’il fait et où va le pays» 

-Jeudi 3 octobre 2013 : Le Quotidien d’Oran publie une longue contribution (deux pleines pages) de Mourad Bencheikh, ancien ambassadeur sur «La situation politique en Algérie. L’équation Bouteflika» : Pour lui, A. Bouteflika «est resté prisonnier de sa conception autoritariste du pouvoir inculquée de 1957 à 1978 par son maître à penser d’alors, l’ancien président Houari Boumediene»… «Le Chef de l’Etat veut continuer parce qu’il s’estime indispensable au salut de la nation. A cause de la maladie du pouvoir ? Qualifiée aussi par un neuropsychologue suisse, Sébastien Dieguez, de «Syndrome d’hubris», «qui fait perdre à celui qui en est affecté, le sens des réalités et le pousse à l’intolérance, à la contradiction, à des actions à l’emporte-pièce, à l’obsession de sa propre image et à l’abus de pouvoir». Bref, de l’outrance dans le comportement inspirée par l’orgueil. Il faut ajouter «l’apparition, au fil des mandats, la cyclothymie dont le côté euphorique est invariablement réservé aux étrangers et dépressif aux Algériens…». Mourad Bencheikh présente, par la suite, les trois cas de figure possibles quant à l’avenir proche… : la démarche en cours qui se concrétise, une vacance du pouvoir… et, la «sortie la plus honorable pour le Président», un compromis pour une transition concerté vers le démocratie… Ce dernier cas verrait l’armée jouer le rôle de régulateur. 

-Mardi 22 octobre 2013 : Parution du 3ème tome des mémoires de Ahmed Taleb Ibrahimi, couvrant la période Boumediene-Chadli. Pour lui, Bouteflika est «un libéral qui se prétendait l’héritier naturel de Boumediene». Il aborde, entre autres, les investigations de la Cour des comptes sur les comptes de Bouteflika (seul «client», parmi les personnalités publiques…Depuis son arrivée au pouvoir, les activités de la dite-cour sont gelées) 

-23 août 1998 : Cinq corps d’enfants, des collégiens en vacances, copains du même quartier du centre-ville d’Alger, âgés à peine une dizaine d’années sont retirés d’un passage sous-terrain, juste sous «Djenane el Mithak» (qu’ils voulaient certainement «explorer»)… assassinés par des terroristes qui en avaient fait leur refuge. On devine leur effroi et leur souffrance. Aujourd’hui encore, 21 ans après, les parents réclament la vérité sur le carnage des cinq enfants… L’auront-ils ? L’aurons-nous ? A mon avis, jamais, tant que les crimes du terrorisme islamiste de l’époque sont (encore) «excusés» par les tenants de la théorie du «qui tue qui ?». Des tenants – calculateurs pour les «rescapés» ou ignorants de la chose terroriste pour les plus jeunes – qui reviennent à la charge sous-couvert du Hirak. 


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