Comment l’Afghanistan a-t-il pu s’effondrer en quelques jours

   Malgré les investissements colossaux de l’OTAN, le gouvernement afghan s’est effondré. La politique étrangère des États-Unis en Asie de l’Ouest est décidément obsolète.

Les États-Unis se sont retirés de l’Afghanistan après l’avoir occupé pendant 20 ans, une occupation qui leur a coûté des milliards de dollars et une guerre dévastatrice. Leurs politiques militaristes et interventionnistes ont enfanté une armée défaillante, un gouvernement faible et une nation opprimée.

L’Afghanistan est ces jours-ci sans dessus dessous. Les rebondissements sont si fréquents qu’il est presque impossible de prédire les événements dans l’heure qui suit.

Du nord au sud, de l’est à l’ouest, les chefs-lieux des provinces afghanes chutent les uns après les autres, et les forces afghanes n’ont pas d’autre choix que de se rendre ou de fuir avant d’être abattues par les Taliban. Ces derniers ont pris le contrôle de Kaboul et Washington a ordonné l’évacuation du personnel de son Ambassade.

Mais pourquoi l’armée afghane n’a-t-elle pas pu résister à l’avancée des Taliban ?

Pour l’heure, le pays presque en entier est entre les mains des Taliban ; en seulement une semaine, l’Afghanistan s’est effondré et dans de nombreuses provinces, on assiste curieusement à une très faible résistance populaire.

Mais à part les spéculations sur la soumission des Afghans aux Taliban ou les rumeurs sur la complicité des responsables de Kaboul avec le mouvement, la grande interrogation est de savoir dans quelle mesure les soldats afghans ont été entraînés par les forces de l’OTAN et des États-Unis. Pourquoi n’ont-ils pas pu résister à l’avancée des Taliban ?

Malgré un présumé soutien militaire de l’armée américaine, la souffrance des forces afghanes qui luttent contre les Taliban, est incommensurable.

La corruption intrinsèque du système administratif, l’incapacité du gouvernement à payer les salaires et les primes des soldats et des forces de police sont une partie des inconvénients qui ont affaibli le moral des forces afghanes. Selon des sources, dans de nombreux cas, elles se seraient rendues au front sans armes, sans nourriture.

Ce qui est aberrant c’est l’effondrement brusque et violent d’un pays malgré les investissements colossaux des États-Unis et leurs alliés de l’OTAN après 20 ans d’occupation. Ceux-là même qui prétendaient que leur présence militaire en Afghanistan consistait d’abord à « éradiquer le terrorisme » et ensuite, à apprendre à l’armée afghane à « défendre sa patrie ».

En dépit de l’avancée fulgurante des Taliban, le président américain Joe Biden ne regrette rien, a-t-il dit lors d’un point de presse mardi dernier à la Maison Blanche. Ni sa décision de retirer les troupes américaines d’Afghanistan, ni son sens des dates et des symboles, ni les 1 000 milliards de dollars qu’a coûtés cette guerre et qui ont aidé à « entraîner et équiper plus de 300 000 soldats afghans ». Tout en s’abstenant d’expliquer pourquoi donc l’Afghanistan s’est-il effondré en une semaine.

Les Afghans « doivent avoir la volonté de se battre » et « doivent se battre pour eux-mêmes, pour leur nation », a encore déclaré le président américain.

Mais peut-être ne devrions-nous pas essayer en vain de répondre à la question, parce que les États-Unis n’ont jamais cherché à créer un Afghanistan stable, uni et sûr.

La lutte contre le terrorisme n’était un subterfuge pour qu’ils renforcent leur présence dans les sphères d’influences de l’Iran, de la Chine et de la Russie et qu’ils pussent mieux faire main basse sur les ressources naturelles de l’Afghanistan.

Joe Biden a assuré que les Américains allaient « tenir leur promesse » de continuer à soutenir l’armée afghane sur le plan logistique et financier. Encore un scénario visant à maintenir le pays dans le chaos.

Il « ne regrette pas » sa décision de boucler à la fin du mois d’août le retrait des troupes américaines d’Afghanistan, a-t-il dit mardi dernier. Mais reste à savoir où ont été transférées les troupes américaines ? Quelle serait leur prochaine destination ? Retourneront-elles au bercail ou non ? Bien sûr que non. Elles rodent encore dans la région ; elles se trouvent dans les bases que les pays arabes du golfe leur ont préparées.

Les Américains essaient de négocier avec le Pakistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan pour s’y installer et garder une proximité avec l’Afghanistan, pour que chaque fois que cela est nécessaire, ils y retournent, au nom de la « défense de la sécurité » d’un peuple plus que jamais sinistré.


source : https://parstoday.com


     Quand les djihadistes étaient nos amis – par Denis Souchon


Le président afghan déchu a fui le pays avec des voitures et un hélicoptère « bourrés d’argent » 

Le président afghan déchu a fui le pays avec des voitures et un hélicoptère « bourrés d’argent »

Il a été largement rapporté dimanche qu’alors que les talibans étaient aux portes de Kaboul, le président Ashraf Ghani a rapidement fui le pays en direction du Tadjikistan voisin. Les troupes nationales sur le terrain ont ainsi compris qu’il n’y avait pas lieu d’opposer une grande résistance, étant donné que leur commandant en chef avait pris la poudre d’escampette au premier signe de rapprochement des ennemis, sans même s’adresser au peuple afghan.

Selon une déclaration de l’ambassade russe lundi, les circonstances du départ de Ghani sont encore pires. L’ambassade à Kaboul a déclaré que Ghani « avait fui le pays avec quatre voitures et un hélicoptère remplis d’argent et avait dû laisser une partie de l’argent derrière lui car tout ne rentrait pas », selon des citations de l’agence de presse RIA citées par Reuters.

 

On ignore désormais où il se trouve précisément, les responsables russes en profitant pour fustiger sa lâcheté alors que la population afghane souffre.

« Quant à l’effondrement du régime (sortant), c’est la façon dont Ghani a fui l’Afghanistan qui le caractérise le mieux », a déclaré le porte-parole de l’ambassade russe à Kaboul, Nikita Ishchenko. Il ne fait guère de doute que les Russes ont également voulu faire de ces déclarations une critique mordante de la guerre ratée menée par Washington depuis 20 ans.

« Quatre voitures étaient remplies d’argent, ils ont essayé de mettre une autre partie de l’argent dans un hélicoptère, mais tout ne rentrait pas. Et une partie de l’argent est restée sur le tarmac« , a-t-il ajouté. L’ambassade a cité des « témoins » qui ont assisté à la scène bizarre sur la piste de l’aéroport.

Un collaborateur du président Vladimir Poutine a également été cité comme ayant déclaré : « J’espère que le gouvernement qui s’est enfui n’a pas pris tout l’argent du budget de l’État. Ce sera la base du budget s’il reste quelque chose. »

 

Selon un rapport régionalM. Ghani se trouverait actuellement à Oman après que son avion se soit vu refuser l’entrée au Tadjikistan. Alors que rien n’est confirmé quant à sa localisation, il y a des spéculations selon lesquelles il pourrait finalement se rendre aux États-Unis – peut-être une situation parallèle à celle du Shah, soutenu par les États-Unis, qui a fui l’Iran pour les États-Unis en 1979.

Plus de 20 ans et quelque 2 500 milliards de dollars de l’argent des contribuables américains plus tard, Ghani a apparemment pris des palettes d’argent pour lui-même.

Entre-temps, le Kremlin a annoncé qu’il prévoyait de maintenir l’ambassade russe à Kaboul ouverte pour le moment, à un moment où plusieurs ambassades occidentales ont effectivement transféré leurs opérations à l’aéroport international. Mais compte tenu de la détérioration rapide de la sécurité à l’aéroport international Karzai, ces opérations seront de courte durée.

 

Dans le même temps, la Chine semble s’orienter vers une reconnaissance officielle de la domination des talibans en Afghanistan. Les médias chinois se moquent aussi maintenant généralement des Américains qui partent dans des circonstances aussi humiliantes.

* * *

Selon les derniers rapports, les talibans ont envoyé des gardes aux ambassades russe et chinoise :

 

https://www.aubedigitale.com/le-president-afghan-dechu-a-fui-le-pays-avec-des-voitures-et-un-helicoptere-bourres-dargent/


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