Algérie / Réalisation d’une centrale solaire d’un montant de 3,6 mds de dollars

26.05.2020

  Promotion des énergies renouvelables et propres

Le développement des énergies renouvelables afin de préserver ses ressources naturelles et surtout se libérer de dépendance aux énergies fossiles, l’Algérie prépare sa transition énergétique tant attendue par la promotion des énergies renouvelables et propre dans sa politique énergétique.

Pour ce faire, les pouvoirs publics relancent le projet Desertec et prévoient d’accélérer la réalisation de centrales solaires afin de rattraper le retard qu’elle cumule depuis des années dans ce domaine. Un méga projet de réalisation de centrales solaires photovoltaïques pour la production de 4.000 MW d’électricité d’un investissement allant jusqu’à 3,6 milliards de dollars a, d’ailleurs, été présenté la semaine dernière, par le ministre de l’Energie Mohamed Arkab. Parallèlement des entreprises et startups ainsi que des laboratoires de recherches dans le domaine technologiques orientent leurs efforts vers le développement du secteur de l’énergie propre. Devenue une solution indispensable pour sortir le pays de la crise et surtout adopter un nouveau model de consommation plus économe. C’est une urgence nationale avec les dernières mutations que traverse le marché énergétique mondial qui subit depuis des mois des pertes importantes en raison de la chute des cours du pétrole.
«Ce projet nécessiterait un investissement compris entre 3,2 et 3,6 milliards de dollars et devrait créer 56.000 postes d’emplois pendant la phase de construction et 2.000 autres durant l’étape d’exploitation », indique un communiqué du ministère de la tutelle. Les centrales solaires photovoltaïques, réalisées dans le cadre de ce projet, seront réparties sur une dizaine de wilayas et mobiliseront une surface totale de 6400 hectares environs. Ce projet s’inscrit dans le cadre de la transition énergétique qui « est au cœur du plan d’action du gouvernement pour les prochaines années, le secteur de l’énergie prévoit le lancement d’un méga projet, appelé TAFOUK1, pour la réalisation de centrales solaires photovoltaïques d’une capacité totale de 4.000 MW sur la période 2020-2024 », selon la même source.
Autre objectif « la satisfaction de la demande nationale d’énergie et la préservation de nos ressources fossiles, la réalisation de ce projet permettrait, de se positionner sur le marché international, à travers l’exportation de l’électricité à un prix compétitif, ainsi que l’exportation du savoir-faire dans ce domaine », a précisé le même communiqué. Pour rappel, afin de promouvoir le secteur des énergies renouvelables dans la politique énergétique et environnementale des coopérations entre laboratoires et entreprises devant participer à la transition énergétique. L’objectif de ces collaborations est de « renforcer le savoir-faire, les échanges de connaissances et les nouvelles avancées en matière de matériaux fonctionnels, et de haute technologie pour la production d’énergies renouvelables et propres ». Sur la même lancée et après des années d’hésitation, l’Algérie et l’Allemagne sont parvenus à un accord préliminaire à relancer le méga projet Desertec, en vue de favoriser les innovations et l’échange technologique.

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Après l’avoir abandonné, l’Algérie relance le projet Desertec

Pour faire face à la crise économique doublée d’une crise sanitaire virulente, l’Algérie devra s’affranchir de sa dépendance aux énergies fossiles et mettre à l’oeuvre sa transition énergétique. Certes, l’accord conclu jeudi dernier par les pays de l’Opep+ est important pour stabiliser le marché pétrolier, mais demeure insuffisant en raison de la chute des indicateurs économiques mondiaux.

L’un des facteurs qui incitent l’Algérie à relancer le projet Desertec et lui donner corps pour se soustraire de sa dépendance à la rente pétrolière. L’accord préliminaire signé au début de ce mois avec l’Allemagne traduit la volonté de l’Algérie à entamer sa transition énergétique. «Vaut mieux tard que jamais». Après plusieurs mois de concertations, les deux parties, allemandes et algériennes, se sont entendues sur l’entame du projet. La signature d’un accord initial au début du mois d’avril en cours est un signe porteur et positif, sachant que l’Allemagne qui était parmi les initiateurs de ce mégaprojet avait regretté l’abandon de l’Algérie sous pression de certaines parties du projet. La mise en veille de ce projet, rappelons-le, a creusé l’écart entre l’Algérie et les pays voisins, en l’occurrence, le Maroc qui a investi dans la construction de la plus grande centrale solaire au monde. Pendant ce temps-là, l’Algérie enterre le projet Desertect et plusieurs autres projets de même envergure. Les recommandations des experts et l’intérêt des investisseurs étrangers pour développer le secteur des énergies renouvelables en Algérie ont été négligés. Aujourd’hui, le projet Desertec fait de nouveau l’actualité, l’Etat algérien semble s’intéresser de près à ce projet et projettent de concrétiser ce projet piloté par l’Allemagne. L’objectif des deux partenaires est d’exploiter l’énergie solaire dans le désert algérien et sa transformation en énergie électrique. C’est un processus gagnant-gagnant qui permettra à l’Algérie de se libérer des exportations des hydrocarbures qui sont en baisse régulièrement en raison de l’instabilité du marché mondial. Mais surtout profiter de l’expertise allemande afin de rattraper son retard en la matière et se soustraire de ses dépendances à l’étranger. Relancer ce projet s’inscrit dans la perspective et le défi d’amorcer la transition énergétique tant attendu. C’est ce qu’a affirmé, d’ailleurs, le ministre de l’Energie, Mohamed Arkab, lors de son intervention sur les fréquences de la radio nationale, qui a estimé que «le projet Desertec a connu de grands progrès au cours de la dernière période, et que l’accord initial a été signé au début de ce mois», précisant que «le président et directeur général du Groupe Sonalgaz et le partenaire allemand sont ces jours-ci en contact continu à distance en vue de la préparation de l’accord technique dans l’objectif de définir les capacités naturelles et les qualifications que l’Algérie possède en terme d’ énergie solaire». Il a affirmé, de ce pas, que l’Etat algérien compte sérieusement cette fois-ci s’engager à donner corps à ce projet et accélérer la transition énergétique dans le pays, mais aussi économique, notamment, en ces temps difficile. Le développement de l’énergie propre est une priorité afin de compléter les efforts du secteur des hydrocarbures en difficulté depuis plusieurs mois. Lors de son intervention, M. Arkab est revenu, une nouvelle fois, sur l’accord de l’Opep+ et les démarches de l’Algérie pour valoriser ses ressources pétrolières et minières, en particulier. Le ministre a annoncé, à l’occasion, le «lancement dans le courant de cette année, de chantiers de réalisation de deux raffineries de pétrole, à Hassi Messaoud et Tiaret, aux fins de mettre un terme à la lourde facture d’importation de carburants». Le secteur de l’énergie semble en pleine effervescence ces dernières semaines. Il se prépare à affronter la crise économique de l’après pandémie.

Samira Takharboucht


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