Élections américaines : pourquoi Poutine n’a pas félicité Joe Biden

Conférence de presse de Sergueï Lavrov, Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, le 12 novembre 2020.

Nous publierons prochainement l’intégralité de cette conférence de presse.

Source : mid.ru

Traduction : lecridespeuples.fr

 

 

Vidéo : https://youtu.be/CewE7fOvrHw

Transcription :

Question : […] Bonjour. Je voudrais revenir aux États-Unis et au processus de décompte des voix que traverse le pays. De nombreux dirigeants mondiaux ont déjà félicité Joe Biden pour sa victoire à l’élection présidentielle. À notre connaissance, le Président russe Vladimir Poutine n’a pas encore appelé les Etats-Unis à ce sujet. La Russie est-elle préoccupée par les informations faisant état de fraudes lors des élections américaines, tenues sans observateurs internationaux ? Il est assez facile d’imaginer que dans une situation similaire, si cela se produisait dans un autre pays, le Département d’État prétendrait déjà que les élections sont illégitimes. La Russie va-t-elle agir de la même manière et, par exemple, insister sur un décompte complet et peut-être même un recomptage des votes ?

Sergueï Lavrov : Si vous avez entendu la déclaration du Secrétaire d’État américain Mike Pompeo, le Département d’État n’a pas encore reconnu l’élection américaine comme légitime. Mike Pompeo a demandé d’attendre la fin du processus de décompte.

 

 

Quant à l’approche de la Russie, nous avons dit à plusieurs reprises que nous respections le droit du peuple américain de prendre lui-même des décisions concernant son avenir. Leur système électoral est probablement le plus archaïque de tous ceux qui existent actuellement dans tous les grands pays. Je l’ai souligné à maintes reprises lorsque nous avons eu des conversations amicales avec mes collègues, secrétaires d’État, prédécesseurs de Mike Pompeo. Je me souviens avoir discuté des résultats des élections avec Condoleezza Rice. Elle a commencé à énumérer ses objections à nos élections et à notre système électoral. Je lui ai donné un exemple où [en 2000], un certain Président [George W. Bush] est arrivé au pouvoir aux États-Unis avec moins de voix que son adversaire [Al Gore], mais avec leur système électoral, il est quand même arrivé à la Maison Blanche grâce à une logique plutôt tordue. Elle a dit qu’ils étaient au courant de cette faille dans le système, mais que c’était leur problème, qu’ils en étaient parfaitement conscients et s’en chargeraient eux-mêmes. « Je vous en prie, ne vous inquiétez pas », m’a-t-elle demandé. Je ne veux vraiment pas que les Américains ne perdent le sommeil, du moins pas à cause de nos problèmes, des problèmes qu’ils signalent dans notre pays. Je voudrais également qu’ils s’inquiètent moins des problèmes similaires dans d’autres pays.

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Chaque pays a ses propres traditions. Si les Américains sont prêts à vivre avec une tradition qui déforme considérablement la volonté populaire, c’est leur droit. S’ils sont heureux de cette façon et qu’ils maitrisent parfaitement la situation (apparemment, tout n’est pas sous contrôle à présent), comment pourrions-nous leur dire quoi faire ? Laissez-les résoudre ces problèmes par eux-mêmes.

Pour ce qui est des félicitations, je me demande pourquoi tout le monde est si préoccupé par cela. Les messages de félicitations sont généralement envoyés après l’annonce officielle des résultats des élections. Cela ne s’est pas encore produit aux États-Unis. Ils ont une Administration des services généraux qui est officiellement habilitée à faire de telles annonces. Pour l’instant, les instances concernées s’abstiennent. Toutes les félicitations offertes jusqu’à présent sont basées, comme on le sait, sur les décomptes de CNN ou de ABC (News), des réseaux sociaux et principalement des médias américains dominants. Quiconque a coutume d’offrir des félicitations officielles pour ces motifs, nous ne pouvons rien y faire non plus. Nous avons une approche légèrement différente. Des félicitations peuvent être envoyées avant l’annonce officielle des résultats lorsqu’il n’y a pas de contestation, lorsque l’autre camp reconnaît la victoire de l’adversaire. C’était en fait le cas en 2016, quand Hillary Clinton a reconnu la victoire de Donald Trump. Ensuite, personne n’a eu de questions. Maintenant, des questions demeurent. Nous devons attendre l’annonce officielle.

 

 

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De plus, si je comprends bien, les États-Unis ont une procédure assez claire pour savoir comment tout doit être fait. Les électeurs se réuniront le 14 décembre pour voter. Ils ne se réunissent pas dans la même salle, mais se réuniront séparément dans la capitale de chaque État. Dans certains États, les électeurs sont absolument tenus de voter comme la majorité des électeurs de leur circonscription. Dans d’autres États, les électeurs sont libres d’inscrire n’importe quel nom sur leurs bulletins de vote, pas nécessairement celui du candidat qui s’est présenté à la présidence [et l’a emporté] dans cet État particulier des États-Unis. Le 6 janvier 2021, le Congrès américain se réunira et écoutera le rapport des électeurs. Si des doutes subsistent lors de l’approbation des votes des électeurs pour chaque État, les élections présidentielles et vice-présidentielles suivront une procédure différente. Le Président est ensuite élu par le Congrès, mais pas par des votes individuels des membres de la Chambre des représentants. Chaque État dispose d’une voix au Congrès à cet effet. Il y a 50 voix. Comment elles seront réparties est une grande question, car la répartition des voix par État (Démocrates vs Républicains) n’est pas entièrement proportionnelle à la majorité des Démocrates à la Chambre des représentants. Le Président y sera élu. Le vice-président sera élu par le Sénat.

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J’explique maintenant les étapes qu’ils devront prendre s’il n’y a pas de clarté au stade du collège électoral, s’il n’y a pas de clarté au Congrès, etc. En tout cas, la cérémonie d’inauguration devrait avoir lieu le 20 janvier 2021. Nous devrions savoir à quoi nous en tenir d’ici là.

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Je voudrais ajouter, puisque nous discutons de la question des félicitations, que la Russie et, jusqu’à présent, la Chine ne sont pas les seules (à s’être abstenues) : le Mexique ne les a pas encore envoyées non plus. Le Président mexicain a clairement indiqué qu’il se laisserait guider par l’annonce officielle du résultat.

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Je préférerais ne pas essayer de creuser beaucoup ici du côté de la théorie du complot. Je dirais que c’est une pratique normale et respectueuse. Ceux qui pensent qu’il est normal d’envoyer des félicitations avant l’annonce des résultats officiels peuvent le faire, c’est à eux de décider. Nous nous souvenons comment, en 2016, de nombreux dirigeants européens ont adressé leurs félicitations au candidat perdant [Hillary Clinton] et ont dû les retirer à la hâte par la suite. Je ne vois aucune raison de spéculer ici. […]


     L’empressement très révélateur des félicitations à Joe Biden  (vidéo)

Cet empressement confirme des vérités révélées au cours des conférences de François Asselineau

Des chefs d’états et de gouvernements prompts à féliciter Joe Biden

Plusieurs chefs d’états et de gouvernements en particulier ceux appartenant à l’Union Européenne, ont montré leur empressement à féliciter Joe Biden avec une anticipation suspecte à l’instar de la presse française et occidentale, ainsi que le soulignait notre récent article intitulé Quand la presse s’empresse de déclarer Biden vainqueur” A la suite d’Angela Merkel, Emmanuel Macron, Ursula Von der Leyen, de nombreuses personnalités du paysage politique français ont montré un enthousiasme particulier, ce qui est troublant, c’est que ce sont des personnalités majoritairement de gauche qui congratulent le candidat financé par les milliardaires américains. En tout état de cause cet empressement trouve tout naturellement son explication dans la conférence de François Asselineau ” Qui gouverne la France et l’Europe“.

Des récipiendaires du prix Nobel de la paix tout aussi empressés

Parmi les félicitations au candidat démocrate, on note de nombreuses personnalités qui se sont vues attribuer le prix Nobel de la paix. Il est opportun à cette occasion de se remémorer la conférence de François Asselineau “La tromperie universelle comme mode de gouvernement” qui donne un éclairage intéressant sur l’influence que les Etats-Unis exercent sur l’attribution de ce prix.

Financements suspects

Après les 50 millions de dollars de Georges Soros pour financer Joe Biden, c’est au tour de Mark Zuckerberg de financer les bureaux de vote à hauteur de 400 Millions de dollars

Certains chefs d’Etats sont restés sur la réserve

On notera heureusement que certains chefs d’état souverains parmi lesquels le Président Poutine et les chefs d’états du Mexique, du Brésil et d’autres au Moyen Orient sont restés sur la réserve et attendent diplomatiquement les résultats officiels pour féliciter le nouveau président américain.


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