Présidentielle : la Mauritanie se prépare au vote

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La Mauritanie se prépare à aller aux urnes samedi pour la présidentielle qui devrait marquer la première transition démocratique du pouvoir dans le pays.

Six candidats sont en lice pour cette élection qui a pour favori, l’ancien général Mohamed Ould Ghazouani, allié du président sortant Mohamed Ould Abddel Aziz.

La Mauritanie se prépare au vote

“Je vais porter un secours aux populations défavorisées, notamment les ouvriers, les paysans en faisant une baisse des prix des matières essentielles, en augmentant les salaires, en adoptant un certain nombre de mesures qui vont tous en faveur de nos populations.” À promis le candidat du parti au pouvoir.

L’ex-général, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit Ould Ghazouani, ancien chef d‘état-major pendant dix ans, et ministre de la Défense durant quelques mois est le compagnon de toujours du président Abdel Aziz.

Face à celui qui apparaît comme le favori, y compris dans des sondages parcellaires, c’est l’ancien chef de gouvernement de transition (2005-2007) Sidi Mohamed Ould Boubacar qui semble avoir le plus de chances de le contraindre à un second tour, le 6 juillet.

Cinq candidats de l’opposition se disputent le poste, dont le principal challenger Sidi Mohamed Ould Boubacar, qui espère gagner suffisamment de soutien pour obtenir un second tour le 6 juillet.

Mais le plan de campagne de Mohamed Ould Ghazouani séduit de nombreux Mauritaniens comme c’est le cas de Hafed Med Lemine.

“Nous savons parfaitement, et nous avons reçu des messages qui prouvent bien qu’une grande partie de ces gens sous pression (du pouvoir en place) voteront pour Mohamed Ould Maouloud, malgré leur présence physique.” Déclare Hafed Med Lemine qui émet quelques réserves.

“Nous savons parfaitement, et nous avons reçu des messages qui prouvent bien qu’une grande partie de ces gens sous pression(du pouvoir en place) voteront pour Mohamed Ould Maouloud,malgré leur présence physique.” Se montre convainquante, Hawa Diallo, membre de l’UFP.

Selon les experts, le prochain président de ce vaste pays d’Afrique de l’Ouest de 4,5 millions d’habitants devra relever le défi de le développer et d’améliorer le bilan en matière de droits humains sans compromettre la stabilité qu’il connaît depuis dix ans sous Mohamed Ould Abdel Aziz.

Une stabilité économique

Amnesty International et une trentaine d’ONG ont ainsi appelé le 3 juin les six candidats à signer un manifeste contenant 12 engagements, notamment de lutter contre l’esclavage et les violences faites aux femmes.

Les prétendants ont promis une amélioration des conditions de vie, alors que la croissance économique, de 3,6 % en 2018, continue sa reprise progressive tout en restant insuffisante par rapport à la croissance démographique, selon un rappoort de la Banque mondiale (BM) publié en mai.

La BM salue le rétablissement de la “stabilité macroéconomique”, avec des projections de croissance annuelle de 6,2 % en moyenne sur la période 2019-2021. Mais elle appelle à maintenant “éliminer les obstacles structurels qui entravent le développement du secteur privé”, citant en premier lieu les difficultés d’“accès au crédit” et “la corruption”.

Si aucun des candidats n’obtient la majorité au premier tour, le second tour se tiendra le 6 juillet.

AFP


Mauritanie: face à un général récemment retraité, un quintette d’adversaires

Six candidats s’affrontent samedi au premier tour de l’élection présidentielle en Mauritanie: un ancien général, compagnon d’armes et dauphin du chef de l’Etat sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, un ex-Premier ministre, un opposant historique, un dissident, un journaliste et un technocrate.

Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed, dit Ould Ghazouani

A 62 ans, ce militaire de carrière est largement crédité du succès de l’armée et des services de sécurité en Mauritanie, qui n’a connu aucun attentat jihadiste depuis 2011.

Entré dans l’armée en 1978, c’est à l’Académie royale militaire de Meknès (Maroc) qu’il rencontre Mohamed Ould Abdel Aziz, avec lequel il a participé à deux putschs, en 2005 et 2008.

Originaire de la préfecture de Boumdeid (centre sud), chef-lieu traditionnel de la Chadhiliya, puissante confrérie musulmane soufie dont il est le fils du chef spirituel, il appartient à la tribu maraboutique des Ideiboussat connue pour sa richesse, sa discrétion et sa forte présence dans le pays.

Après le putsch contre le président Maaouiya Ould Taya (1984-2005), Ould Ghazouani est nommé directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), un poste stratégique qui permettra à ce spécialiste du renseignement militaire de développer ses réseaux.

Il devient chef d’état-major peu avant le coup d’Etat de 2008 qui porte son ami au pouvoir, jusqu’à son départ de l’armée en octobre 2018, avant un passage au gouvernement comme ministre de la Défense, de novembre à mars 2019.

Ses adversaires affirment qu’il a été choisi par le président sortant pour assurer ses arrières lorsqu’il aura quitté le pouvoir.

Mais des observateurs l’estiment largement capable de jouer sa propre partition. L’ancien général promet de ne « laisser personne au bord de la route », mais aussi de garantir la justice et les droits de l’Homme dans le pays.

Sidi Mohamed Ould Boubacar

Deux fois Premier ministre, en 1992-1996, puis comme chef de l’exécutif de transition (2005-2007), Sidi Mohamed Ould Boubacar, 62 ans, est considéré comme le rival le plus sérieux du candidat du pouvoir et celui qui peut se prévaloir de la plus importante expérience gouvernementale.

Né à Atar (centre ouest) il se présente comme indépendant, mais bénéficie de soutiens de poids, allant du parti islamiste Tewassoul, principale formation d’opposition, au puissant et richissime homme d’affaires Mohamed Ould Bouamatou, en exil en Europe.

Il a également été ministre des Finances et plusieurs fois ambassadeur en France, en Egypte et aux Etats-Unis notamment.

Biram Ould Dah Ould Abeid

Président et fondateur de l’organisation anti-esclavagiste non reconnue Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), il fait régulièrement la Une des médias pour ses actions en faveur des descendants d’esclaves, communauté à laquelle il appartient.

Ce militantisme lui a valu d’être détenu à plusieurs reprises. Biram Ould Dah Ould Abeid se targue d’ailleurs dans ses meetings d’être le seul candidat ayant connu la prison « au service de son peuple ».

Agé de 55 ans, il a été élu député en septembre grâce à une alliance avec un parti nationaliste arabe, reconduite pour ce scrutin. Déjà candidat en 2014, il était arrivé en deuxième position, avec seulement 9 % des voix.

Historien formé aux universités de Nouakchott et Dakar, il est souvent associé à des rapports internationaux qui épinglent la Mauritanie sur le respect des droits de l’Homme.

Mohamed Ould Moloud

Ce professeur d’histoire à l’université de Nouakchott, 66 ans, incarne l’opposition historique dont le leadership revenait à Ahmed Ould Daddah, empêché par son âge de se représenter.

Député de l’Union des forces du progrès (UFP) gauche, dont il est le président, Mohamed Ould Moloud est soutenu par une coalition comprenant le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) de M. Ould Daddah.

Il tente de rassembler les électeurs déçus par le président sortant et qui « refusent de plier l’échine et se résigner à suivre aveuglément les régimes militaires », selon ses propos.

Baba Hamidou Kane

Ce journaliste et docteur en communication s’était déjà présenté en 2009, recueillant moins de 2% des voix.

Candidat d’une coalition baptisée « vivre ensemble », Baba Hamidou Kane entend rééquilibrer les relations entre populations d’origine ou de culture arabo-berbère, et négro-africaines.

Elu député du RFD d’Ahmed Ould Daddah, il fut alors vice-président de l’Assemblée nationale sous le président Ould Taya.

Mohamed Lemine El-Mourteji El-Wavi

Ce haut fonctionnaire au Trésor mauritanien, 42 ans, expert comptable passé par l’Ecole nationale d’administration, est un nouveau venu sur la scène politique.

Il peut se prévaloir de son expérience au ministère des Finances et d’ex-directeur financier d’une entreprise de distribution des produits pétroliers.​

AFP

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