Province d’Idlib : L’armée syrienne a repris la deuxième ville

La ville stratégique de Maaret al-Noomane est tombée aux mains des forces gouvernementales, après des semaines de bombardements dans la région nord-ouest de la Syrie, dominée par des groupes terroristes et rebelles.

L'armée syrienne progresse de jour en jour
L’armée syrienne progresse de jour en jour
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Les forces armées syriennes ont annoncé, hier, la reprise de la ville stratégique de Maaret al-Noomane, après des semaines de bombardements sur une région du nord-ouest de la Syrie dominée par des groupes terroristes et rebelles. Deuxième ville de la province d’Idlib, Maaret al-Noomane a été, des années durant, un des cœurs de la «révolution», avant de devenir, sous l’effet des raids des forces gouvernementales et russes, une ville fantôme. Des semaines de combats dans cette province ont donné lieu à un vaste exode. Depuis début décembre, 358.000 personnes ont ainsi été déplacées par les violences, en grande majorité des femmes et des enfants, selon l’ONU.
La ville de Maaret al-Noomane est stratégique car elle se trouve sur l’autoroute M5 —reliant Alep, grande métropole du nord, à la capitale Damas— que le gouvernement de Bachar al-Assad cherche à sécuriser. Appuyé par l’aviation de son allié russe, le régime n’a de cesse de répéter qu’il va reconquérir l’intégralité de la région d’Idlib qui lui échappe encore.»Nos forces ont réussi ces derniers jours à éliminer le terrorisme dans plusieurs villages et localités» d’Idlib, a annoncé à la télévision un responsable militaire, lisant un communiqué du commandement de l’armée.e.
Le militaire a égrené les noms d’une vingtaine de villes, dont celui de Maaret al-Noomane, où les forces gouvernementales avaient pénétré mardi. Echappant au pouvoir central depuis fin 2012, la ville comptait il y a encore quelques mois environ 150.000 habitants. Mais après des semaines de bombardements meurtriers, elle est aujourd’hui quasi déserte, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Le commandement de l’armée s’engage à «pourchasser ce qui reste d’organisations terroristes armées, jusqu’à ce que toutes les terres syriennes soient purifiées du terrorisme», ajoute le communiqué, utilisant la terminologie habituelle du régime pour désigner tant les jihadistes que les rebelles.
Depuis le début vendredi d’une bataille visant à reprendre toute la zone de Maaret al-Noomane, 147 membres des forces prorégime ont été tués contre 168 dans les rangs des combattants rebelles et terroristes, d’après l’OSDH. La région d’Idlib ainsi que des territoires adjacents dans les provinces d’Alep, Hama et Lattaquié sont dominés par les terroristes de Hayat Tahrir al-Cham, l’ex-branche syrienne d’Al-Qaïda. Ces zones sont aussi occupées par d’autres groupuscules terroristes et des rebelles affaiblis. Hier, les combats se poursuivaient dans le sud de la province d’Alep, un secteur proche de l’autoroute M5, selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane.
Et dans la province d’Idlib, les forces gouvernementales se trouvent désormais à 10 km au sud de la ville de Saraqeb, elle aussi située sur ce même axe, d’après la même source. L’ONU a déploré lundi le prix payé par la population civile. «Les violences quasi-quotidiennes ont donné lieu à des souffrances excessives pour des centaines de milliers de femmes, d’enfants et d’hommes déplacés», a indiqué David Swanson, un porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha). Ces derniers mois, le régime a mené plusieurs opérations militaires pour grignoter des pans de territoires à Idlib et ses environs, malgré des trêves finalement restées lettre morte. La province a déjà été le théâtre d’une offensive d’envergure, entre avril et août 2019, et a provoqué le déplacement de plus de 400.000 personnes, selon l’ONU. Avec la reprise de la totalité de cette région, le régime aura le contrôle de la quasi-totalité du pays, hormis les zones tenues par les Kurdes ou par les forces turques et des supplétifs syriens dans le nord. Le conflit en Syrie, déclenché en mars 2011 a fait plus de 380.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.


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