Langue et Culture algériennes : Pour une compétence à long terme

 

« Kàn yâ ma kân » (Il était une fois)

Commençons par un témoignage concret personnel. Dans une publication précédente1, je signalais ma formation lycéenne. Détails.

Au lycée « franco-musulman » de Tlemcen, de 1958 à 1965, donc 4 ans de période coloniale en Algérie, et 3 ans d’indépendance, voici mes études : une partie en français, une partie en arabe classique. Comme langues étrangères, le latin. On ne bénéficiait ni du grec ni de l’anglais sous le motif d’un programme de formation chargé, et cela correspondait à la réalité. Je le regrettais, tant ma soif juvénile de connaissance m’interpellait. Nos enseignants étaient, pour le français, des « pieds-noirs » ou des « métropolitaines ». Pour l’arabe, tous Algériens. En passant, notre prof de latin venait de France et parlait parfaitement… l’arabe classique avec un amusant accent parisien.

Nous bénéficions, à travers les langues arabe et française (et latine) de trois cultures instructives où la priorité était accordée à leur partie rationnelle et critique, sans négliger de signaler les parties obscurantistes de ces cultures. Ainsi, nous recevions un enseignement qui stimule la réflexion de manière autonome. Dans ce dispositif, fondamental était le rôle de la philosophie, conçue comme discipline de libre raisonnement autonome. Elle était enseignée aussi bien aux sections littéraires qu’à elles scientifiques : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. ».

En culture arabe, la préférence allait au rationaliste Ibn Rouchd par rapport au spirituel (adversaire de la science) AlGhazali, et au libre poète Almoutannaby par rapport au servilisme des rimeurs de cour. En français, Descartes et sa méthode nous éclairaient sur l’incohérence mystique des Pensées ; Rousseau, Montesquieu, Voltaire et Diderot nous montraient la nature de la justice et les combats pour l’obtenir. Le latin nous livrait les conceptions essentielles : stoïcisme, épicurisme, nihilisme, cynisme, etc.

Nous apprîmes ce que furent l’Âge d’Or de la civilisation arabo-musulmane (ainsi que la Nahda de Taha Hussein) et la splendeur de la Renaissance française. Ces connaissances stimulaient notre esprit comparatif et nous permettaient de former notre propre jugement.

Bien entendu, enseignants et lycéens algériens étaient tous des patriotes convaincus. Quand nécessaire, nous organisions des manifestations en faveur de l’indépendance : les enseignants « pieds-noirs » en majorité en étaient préoccupés tandis que les « métropolitains » solidarisaient avec nous.

En 1965, nous avons conclu nos études en bacheliers très bien formés, bilingues et biculturels. Des fonctionnaires vinrent d’Alger pour nous recruter dans des emplois stratégiques.

L’harmonie linguistique était telle que, par exemple, en dernière année de lycée, notre enseignant de grammaire arabe monta avec nous une pièce de théâtre, Bilal, en arabe classique parce que les élèves comprenaient ce langage, tandis que je présentais au théâtre du cinéma Le Colisée ma première œuvre Le Cireur en arabe parlé algérien, parce que je m’adressais au peuple. Ces deux initiatives ne présentèrent aucun motif de polémique. On nous aurait proposé de participer à une pièce théâtrale en française que nous aurions accepté avec plaisir.

« Kaoyar w’a ti l’a’war » (Roule et donne au borgne2)

Après l’indépendance, pourquoi ce genre d’enseignement, qui prouvait son excellente efficacité, n’a pas continué, en l’améliorant en fonction de la situation désormais libre du pays ?

Résultat de cette stratégique négligence : est-il exagérer d’affirmer que, soixante années d’indépendance après, notre bagage de bacheliers bilingues d’alors dépassait celui des doctorants algériens actuels, arabisants ou francophones, non seulement dans le domaine linguistique mais tout autant dans les connaissances culturelles et scientifiques acquises ?

À ma connaissance, l’un des rares intellectuels algériens à réfléchir publiquement sur la question pédagogique fut Mustapha Lacheraf. On ne l’écouta pas. Et Malek Haddad (1927–1978) renonça à sa carrière d’écrivain en estimant que la langue française le séparait de son peuple.Vrai ! Mais pourquoi n’alla-t-il pas plus loin : s’informer du processus de formation de la langue française et initier un mouvement d’émancipation du parler arabe algérien ?

Les responsables politiques qui, après l’indépendance, prenaient des décisions sur l’école algérienne et sur la langue nationale à promouvoir, connaissaient-ils le processus de formation des langues nationales3, et d’abord des idiomes arabe et français ? Avaient-ils, une vision claire de l’édification linguistique et culturelle du pays ? Ne furent-ils pas aveuglés par l’illusoire idéologie qui les priva de consultations sérieuses des spécialistes et du respect des exigences du peuple ? N’est-ce pas dès ce moment primordial que le système éducatif et linguistique algérien initia sa grave régression ?

Pourquoi une minorité d’intellectuels et de personnalités politiques européens sont parvenus à constituer leurs dialectes en langue à part entière ?… Parce que leur conception ne se limitait pas à l’opportuniste temps court, mais s’étendait à l’indispensable temps long, constitué de décennies voir davantage.

En Algérie, avant et après l’indépendance, a-t-on vu une minorité d’intellectuels et de personnalités politiques raisonner en terme long sur le parler arabe algérien4 ?

Sous divers prétextes, on ignora l’idiome populaire, quand on ne le stigmatisa pas comme « vulgaire » pour se réfugier dans des langues qui semblaient satisfaire le court terme : « retour aux sources » avec l’arabe classique et « trésor de guerre » avec le français. Et voici l’Algérie, soixante ans après l’indépendance, débattre encore sur le problème linguistique, compliquer le problème avec l’anglais, et cela avec le même comportement habituel : envisager uniquement le court terme (après moi le déluge !) On donne à l’affamé un poisson au lieu de lui apprendre à pécher.

Qui veut voyager loin ménage sa monture. Si l’amour du pays est réel, il faut éviter les fausses solutions de facilité bureaucratique et envisager l’édification de l’avenir au long terme, ce qui exige des efforts réels et difficiles.

« Par le peuple et pour le peuple » 

Et si l’amour du peuple, celui qui « sue du burnous » est sincère, il faut partir de lui dans tous les domaines, y compris celui linguistique et historique.

Lraité de la Tafna du 30 mai 1837 fut rédigé en français et arabe. Le texte arabe authentique présente des caractéristiques d’arabe parlé/maghrébin ou d’arabe moyen ; certains historiens l’ont qualifié d’« arabe dialectal algérien5 ». Pourtant, l’Émir Abdelkader maîtrisait parfaitement l’arabe classique. Alors, pourquoi le dialecte ?… N’est-ce pas afin que le peuple, qui ne maîtrisait ni l’arabe classique ni le français, soit informé de cet accord ?

En son temps, le poète Ronsard conseillait dans son Abrégé de l’art poétique françois (1565) :

« Tu practiqueras bien souuent les artisans de tous mestiers comme de Marine, Vennerie, Fauconnerie, et principalement les artisans de feu, Orfeures, Fondeurs, Mareschaux, Minerailliers, et de là tireras maintes belles et viues comparaisons auecque les noms propres des mestiers pour enrichir ton œuure et le rendre plus aggreable et parfaict6. »

En français moderne : fréquente les artisans de tous les métiers, notamment les métiers techniques, afin d’en tirer les termes propres à ces métiers et d’enrichir ainsi ton œuvre. Ce choix s’inscrit dans le projet de la Pléiade d’améliorer le français en puisant dans les vocabulaires spécialisés, plutôt que de se limiter au langage savant.

Autre exemple historique significatif. Voici ce que, en 1971 à la salle El Mouggar d’Alger, les spectateurs entendaient en arabe algérien, traduit ici en français, dans la pièce du Théâtre de la Mer que je présentais La Fourmi et l’Éléphant. Les scènes se déroulaient durant la guerre de libération nationale vietnamienne contre le colonialisme français :

« 3. Ethnies.

VUONG – Il faut savoir que le peuple est divisé. Par exemple, nos compatriotes du Sud nourrissent des suspicions à l’égard de nos compatriotes du Centre et ces derniers affichent du mépris vis-à-vis de nos compatriotes du Nord. Notre force en pâtit et nous sommes comme des baguettes prises séparément. C’est pourquoi il faut rassembler les forces de la révolution, et pour ce faire il faut un parti révolutionnaire. (…)

DÉLÉGUÉ 6 – Égalité entre Vietnamiens et minorités ethniques nationales. (…)

COMMENTAIRE – Giap traduisit le programme de la Ligue Viet Minh en vers également, dans le dialecte des populations ethniques locales. »

À ces paroles, quel spectateur algérien ne penserait pas, en comparaison, aux maux de l’Algérie : tribalisme, clanisme, régionalisme, oppression et répression militaire des Kabyles, interdiction de la langue de ces derniers dans la sphère institutionnelle, tous ces actes dans un but évident ?

« 4. Langue.

COMBATTANT VIET MINH 2 (sortant un journal et y lisant) – Le président du gouvernement provisoire (…) sur proposition du ministre de l’éducation nationale, décrète :

1. En attendant que soit créé un enseignement primaire obligatoire, l’enseignement de la langue quoc-ngu dorénavant sera obligatoire et gratuit pour tout le monde.

2. Dans un an, tous les Vietnamiens au-dessus de huit ans doivent savoir lire et écrire le quoc-ngu (…)

MILITANT – Ainsi la langue nationale va progresser ! »

À ce sujet, le spectateur algérien ne méditerait-il pas sur sa propre situation linguistique. Durant

la période coloniale, au Viet Nam, dominaient la langue française dans les administrations, et, parmi les lettrés indigènes, la langue chinoise depuis des siècles. Pendant la guerre anti-coloniale, les dirigeants ont choisi l’adoption et le développement de la langue parlée du peuple, le quoc-ngu, sans oublier la promotion des idiomes des minorités ethniques. Au contraire, en Algérie, le pouvoir privilégiait l’arabe moyen-oriental et le français au détriment des langues du peuple : l’arabe parlé et le tamazight alors réprimé. Quel intellectuel algérien exprima une interrogation à ce sujet, à part des locuteurs du tamazight ?

Après sa quatrième représentation, « on » m’ordonna d’interrompre les représentations de la pièce. Faut-il ajouter qu’au même moment, le Théâtre National d’Alger présentait L’homme aux sandales de caoutchouc de Kateb Yacine en arabe… classique, ce qui expliqua en partie l’échec de la pièce. Et décida l’auteur à rejoindre le Théâtre de la Mer pour pratiquer un théâtre en arabe… parlé7.

Pourquoi, durant la guerre de libération nationale algérienne, des intellectuels et des responsables politiques ne songèrent pas à adopter en l’améliorant l’arabe parlé algérien (d’autres défendirent le tamazight à leur détriment), afin de mieux communiquer avec le peuple qui ne maîtrisait ni le français ni l’arabe ? Bien entendu, lors des réunions publiques, ces responsables lui parlaient dans ses idiomes, mais sans jamais poser le problème linguistique que résolurent les révolutionnaires anti-coloniaux vietnamiens.

Autre exemple historique significatif.

En Chine, l’adoption du bai hua (littéralement « langue blanche ») – c’est-à-dire du chinois écrit vernaculaire, proche de la langue parlée – fut décidée et mise en œuvre entre 1917 et 1919, dans le cadre du vaste mouvement intellectuel et culturel connu sous le nom de Mouvement de la Nouvelle Culture, et plus tard associé au Mouvement du 4 Mai 1919.

Ce fut le résultat d’une profonde réflexion menée par des intellectuels progressistes, qui voyaient dans la réforme de la langue un levier essentiel pour moderniser la Chine.

Rupture, donc, avec le prestigieux, plurimillénaire et quasi sacré chinois classique. Avant cette réforme, toute la littérature savante, l’administration et l’éducation utilisaient le chinois classique wenyan (langue de culture), une langue écrite très éloignée du parler quotidien. Elle était hermétique, réservée à une élite lettrée qui passait des années à l’apprendre ; ce qui excluait la grande majorité du peuple de l’accès au savoir et à la culture écrite.

Les réformateurs, groupe d’intellectuels engagés, voulaient instaurer une correspondance entre la langue écrite et la langue parlée : yanwen yizhi (littéralement : langue parlée, langue écrite, en accord). But : rendre l’éducation accessible au plus grand nombre ; diffuser plus facilement les idées nouvelles (science, démocratie, progrès) ; briser le monopole culturel des lettrés traditionnels, jugé archaïque et féodal.

La réforme linguistique dépassait largement le cadre de la littérature. Elle visait des objectifs politiques, sociaux et culturels : donner à tous les citoyens les moyens de lire, d’écrire et de comprendre les débats politiques et scientifiques ; forger une identité nationale commune à travers une langue unifiée, comprise par tous, indispensable pour créer une communauté nationale cohérente, au-delà des parlers locaux ; rénover la pensée : le chinois classique était perçu comme le véhicule des idées féodales et autoritaires. Le bai hua devait permettre d’exprimer une pensée libre, moderne, tournée vers l’avenir.

Le bai hua ne s’est pas imposé du jour au lendemain. Il a fallu des débats publics intenses dans les revues et les universités ; des expérimentations pédagogiques dans certaines écoles ; une décision officielle : en 1920, le ministère de l’Éducation du gouvernement de Pékin a ordonné que les manuels scolaires du primaire soient rédigés en bai hua au lieu du chinois classique. C’est cet acte administratif qui a scellé la victoire du vernaculaire dans le système éducatif.

Les résistances rencontrées par ce mouvement furent multiples et diverses.

1. Les défenseurs du chinois classique (wenyan) voyaient dans le bai hua une dégradation de la culture, une « ruine de la tradition » et une perte de la beauté littéraire. Pour eux, le wenyan était la seule langue digne de la littérature, de la philosophie et de l’administration. Le bai hua leur semblait grossier, vulgaire et incapable d’exprimer des idées subtiles.

2. Des difficultés pratiques. À l’époque, il n’existait pas de norme unifiée pour le bai hua. Chaque région avait ses propres parlers, et les réformateurs eux-mêmes ne s’entendaient pas toujours sur ce qu’était un « bon » bai hua. Fallait-il suivre le dialecte de Pékin ? Celui de Nankin ? Ou inventer une langue composite ? Cela a donné lieu à de longs débats.

3. Lourdeur institutionnelle. Le système éducatif, les examens civils (qui venaient d’être abolis en 1905 mais dont l’héritage persistait), et toute l’administration fonctionnaient en wenyan. Remplacer cette langue écrite par une autre représentait un bouleversement logistique énorme : il fallait former des enseignants, réécrire des manuels, former des fonctionnaires… Beaucoup résistaient par simple inertie.

4. Résistances politiques. Certains milieux conservateurs voyaient dans le bai hua un cheval de Troie des idées occidentales (démocratie, science, individualisme) et donc une menace pour l’ordre social et politique traditionnel. Le mouvement réformateur était associé à des intellectuels souvent formés à l’étranger, ce qui le rendait suspect aux yeux des autorités traditionnelles.

5. Une résistance qui a duré. Même après l’officialisation de 1920, le wenyan a continué d’être utilisé dans certains cercles savants, dans la poésie classique, et dans l’administration jusqu’aux années 1940. Ce n’est qu’après la fondation de la République populaire en 1949 que le bai hua s’est vraiment imposé comme la seule norme de l’écrit dans tous les domaines, du culturel au technico-scientifique.

Question: pourquoi en Algérie, avant comme après l’indépendance, les arabophones (ni les francophones qui reconnaissaient leurs difficultés avec l’arabe classique) n’ont pas agi comme le groupe d’intellectuels chinois, en simplifiant l’arabe classique en arabe parlé populaire jusqu’à le transformer en langue à part entière ?

Réponse. Alors adolescent, j’assistais à la pièce 132 ans où un personnage chanta :

Si tes chaînes tombent et tu deviens libre,

Écarte-toi du Roi et adresse-toi au berger8.”

Depuis lors, ces deux vers sont restés incrustés dans ma mémoire : ils reflétaient exactement ma conception sociale. Comprenez-vous maintenant pourquoi l’auteur de ce conseil, Oud Abderrahman Kaki, ne bénéficie pas en Algérie de la gloire médiatique réservée à d’autres9 ?

En fin de compte, le problème n’est-il pas évident : la langue doit-elle servir les intérêts des élites ou du peuple ?… Dans ce dernier cas, l’unique solution cohérence est : de la part de l’État, de créer une institution, et/ou de la part d’une minorité d’intellectuels arabophones et francophones de s’unir, le but étant de trouver les solutions pour transformer l’arabe algérien en langue à part entière. Cette entreprise prendrait du temps ?… Et alors ? Basta avec l’incompétence, la myopie et la courte vue, et bienvenues à la formation indispensable, à la lucidité et la vue à long terme, sur la base du principe qui ne doit se limiter au fronton des édifices publics : « Par et pour le peuple ».

Haya ! Anfdou rouahkoum ou khadmou moukhkoum ! (Allez ! Secouez-vous et faites travailler votre cerveau !)

À la Direction de ce journal, je suggère de créer une rubrique audio, j’y enregistrerai le contenu de mes contributions en arabe algérien parlé à destination des personnes intéressées.

Et vous, poètes, romanciers et essayistes algériens, francophones et arabophones, je vous invite à ne pas vous contenter de diffuser vos œuvres en français ou en arabe classique, en vous limitant à un cercle élitaire très limité et consensuel qui se limite à caresse l’égo et permet d’engranger parfois des sous. Vous qui déclarez votre souci du peuple, qu’attendez-vous pour aller le rencontrer là où il vit pour, d’une part étudier son idiome et en découvrir les richesses, paysannes et prolétariennes, et lui lire dans sa langue parlée le contenu de vos écrits ? Ainsi, vous apprendrez à mieux utiliser l’idiome parlé et vous aurez la cohérence de conformer vos déclarations d’amour du peuple à vos actions concrètes. Rappelez-vous les expériences d’ailleurs : il suffit d’un groupe de moins de dix personnes, bien formées et résolues, pour lancer le mouvement. Dans notre cas, il sera renforcé par une revue électronique de liaison-coordination et d’un canal Youtube entièrement en arabe algérien parlé. J’y participerai dans la mesure de mes moyens. Au beau slogan « Tahyà Al Jazaïr ! », ajoutons « Tahyà al arbyà al djazaïria ! »

Libérons-nous de la caverne « arabe classique – français – anglais », et découvrons la lumière de la très chère langue de notre enfance. Alors, arabe classique, français et anglais deviendront des instruments complémentaires d’instruction, désirés et non imposés, et non des carcans d’aliénation néo-coloniale. À propos de caverne, je remercie le régime politique et ses « soutiens critiques » de m’avoir contraint à m’exiler en 1973. La vie dans d’autres pays (Belgique, Italie, Chine, Viet Nam) me libéra de la fameuse prison « culturelle » pour me révéler la compétence accompagnée de modestie et la vision à long terme comme guide de toute action de court terme.

Un voix glaciale d’esclave derrière mon dos murmure : « Tu prêches dans un désert ! »… – Je le préfère au silence résigné ou complice des privilégiés. C’est ma dette envers celles et ceux qui ont offert l’indépendance nationale à ce pays ».

Kaddour Naïmi

1 https://algeriepatriotique.com/2026/08/20/probleme-linguistique-en-algerie-connaissance-et-respect/

2 Proverbe populaire algérien.

3 Je n’évoque pas le tamazight,, vue mon incompétence dans ce domaine. Voir mon essai DÉFENSE DES LANGUES POPULAIRES : Le cas algérien inhttps://www.kadour-naimi.com/f_sociologie_ecrits_langues_populaires.html

4 Pas seulement, mais dans tous les domaines de la vie sociale ?… Voilà soixante ans, notre pays et la Corée du Sud étaient au même niveau économique. Qu’en est-il aujourd’hui ?

5 Source de l’IMA/Eurêkoi.

6 Wikisource.

7 Cependant, Kateb nous proposait ses répliques en… français, traduit en arabe parlé par Bouzida, acteur de la troupe, et moi. Détails in THÉÂTRE : BEAUTÉ, VÉRITÉ, BONTÉ in https://www.kadour-naimi.com/f_theatre_essai_Theatre_Beaute_Verite_Bonte.html

8 Original en arabe algérien:

ادا سناسلك طاحو و أرجعتي حوري

أخطيك مل المالك و سال الراعي

9 Dans les années du “socialisme” en Algérie, quand on demandait à des gens du peuple “Qu’est-ce que pour toi le socialisme ?”, réponse : “C’est l’âne pour moi et la voiture pour les chefs.”

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