Le livre de Omar Hamourit, « L’Avenir de l’Algérie, 2030-2075 » : Ce que pourrait devenir l’Algérie si…

 

Par Arezki Ighemat, Ph.D in economics

Master of francophone literature (USA)

 

“L’avenir ne se construit pas à coups de barils. Il se construira sous le soleil » (Omar Hamourit, L’avenir de l’Algérie, 2030-2075, Editions Non-Lieu, 2026, p. 332).

« L’Algérie ne pourra pas entrer dans le XXIè siècle avec des instruments du XXè siècle » (Omar Hamourit, op.cit, p. 341).

« Sans rêve partagé, sans projection commune, une nation s’épuise à gérer le présent sans jamais inventer l’avenir » (Omar Hamourit, op.cit., p. 284).

« L’avenir de l’Algérie sera écologique ou catastrophique (Omar Hamourit, op. cit., p. 293).

« Ce qui manque à l’Algérie, ce n’est ni le soleil, ni le vent, ni l’argent, mais une gouvernance cohérente », une volonté affirmée et un cadre attractif » (Omar Hamourit, op.cit., p. 305).

 

Le livre de Omar Hamourit, « L’avenir de l’Algérie, 2030-2075 », paru aux éditions Non-Lieu en 2026, n’a pas pour but de donner des solutions toutes faites et des recettes prêtes et quantifiées pour penser et réaliser l’avenir de l’Algérie. Il est plutôt une réflexion profonde sur l’absence, depuis l’indépendance, d’une vision claire sur comment envisager l’avenir et le construire afin de préparer le pays aux défis du 21è siècle. Pour cela, l’auteur divise son ouvrage en six parties : (1) L’avenir géographique, démographique et économique ; (2) Comment envisager les ressources, la production et la souveraineté ; (3) Réformes de structures et leviers de transformation ; (4) Les leviers de transformation de la société ; (5) Modifier l’imaginaire pour changer de cap ; et (6) L’avenir face aux défis écologiques et aux incertitudes des réformes. Ces parties sont précédées d’un préambule et d’une conclusion.

Dans le préambule, Hamourit explique l’objectif de sa réflexion et trace les lignes directrices de son ouvrage. D’emblée, il pose quelques postulats : « […] l’avenir d’un pays consiste à analyser ses trajectoires, ses forces et ses faiblesses » (p.9). Autre postulat : « L’avenir ne se subit pas, il se prépare » (p.9). Troisième postulat : « Ouvert et vulnérable aux imprévus, il demeure fondamentalement incertain » (p.9). L’auteur pose alors la question à laquelle il tente de répondre tout au long de son ouvrage : « L’avenir est-il une page blanche ou déjà en partie tracée par notre passé et notre présent ? » (p.9). Pour souligner le caractère dynamique, incertain et volontariste—l’importance des décisions humaines—de l’avenir, Hamourit cite la définition du philosophe français Henri Bergson : « L’avenir est ce que nous allons faire ». Pour Bergson, écrit Hamourit : « Penser l’avenir, c’est déjà l’habiter : l’idée de l’avenir est plus féconde que l’avenir lui-même » (p. 14). Hamourit tempère quelque peu la thèse de Bergson en disant : « Pour l’Algérie, regarder loin ne signifie pas fuir le réel, mais en saisir les logiques profondes » (p.15).

Pour lui, l’avenir ce n’est pas quelque chose qui se décrète au plus haut niveau de l’Etat, mais il implique l’ensemble de la société : « Pour Hamourit, en effet, « L’avenir n’est pas un résultat figé, mais un projet à cultiver. Il se construit plus qu’il ne s’attend » (p.9). Hamourit dit encore, pour montrer que l’avenir n’est pas un résultat à atteindre mais un chemin à tracer : « Réfléchir à l’avenir ne signifie pas atteindre intégralement les objectifs envisagés, mais tracer au moins une direction » (p.9). Par ces postulats, Hamourit avertit son lecteur qu’il ne doit pas s’attendre, dans ce livre, à trouver des recettes « prêtes-à-l’usage » qui l’aideraient à saisir et à déterminer l’avenir de l’Algérie, mais plutôt un ensemble de réflexions sur ce que la société—au sommet comme à la base de la pyramide sociale—doit accomplir pour construire l’Algérie du 21è siècle capable d’affronter les challenges qui se posent sur le front intérieur (économie, démographie, écologie, éducation, etc) et sur le plan extérieur (changements géostratégiques, climatiques, pandémiques, etc). Dès le préambule, l’auteur avertit aussi que le chemin à parcourir pour déterminer l’avenir est plein d’embûches (notamment l’absence de volonté politique) qu’il faudrait transcender : « Car, il ne suffit pas de désirer la transformation de la société pour la faire advenir, il faut, pour y parvenir, identifier les verrous structurels qui entravent la mise en œuvre , ce qui n’a pas été le cas, puisque les facteurs empêchant l’essor ont presque toujours été mal identifiés ; non pas parce que les Algériens seraient moins intelligents que d’autres, mais parce que les causes étaient d’ordre politique et qu’il manquait une volonté réelle de changement » (p.11).

Hamourit donne les raisons qui expliquent l’idée d’écrire un livre sur l’avenir de l’Algérie : « Penser l’avenir de l’Algérie est dicté par : (1) l’épuisement du modèle rentier ; (2) la pression démographique ; (3) la vulnérabilité écologique ; (4) les tensions géopolitiques ; et (5) les fragilités institutionnelles » (p. 15). Il précise encore plus pourquoi il a décidé d’écrire le livre : « Cette réflexion tient notamment à l’incapacité du régime à inscrire le pays dans un développement durable et cohérent. Depuis plus de six décennies, l’Algérie fonctionne sur un modèle rentier dépendant des hydrocarbures. Les politiques publiques, dominées par une logique centralisée, n’ont pas permis de bâtir une économie diversifiée, ni de valoriser l’éducation, l’innovation ou une économie de marché compétitive. Ce manque de vision a rendu le pays vulnérable aux fluctuations mondiales et aux crises, tout en accentuant les inégalités sociales (pp. 16-17). Il met en garde contre l’immobilisme et la passivité des gouvernants et sur les risques à continuer à se développer uniquement dans le présent et à ignorer totalement l’avenir : « Si rien n’est fait, l’Algérie pourrait bientôt faire face à une crise urbaine majeure, aux conséquences sociales, économiques et politiques profondes » » (p. 19). L’auteur souligne aussi l’importance de sortir du « Tout Etat » et d’inciter les populations à se joindre à l’effort de construire l’avenir : « L’avenir ne peut pas se décréter d’en haut, mais doit s’élaborer à partir d’une dynamique collective associant acteurs sociaux, chercheurs et territoires » (p. 15).

Dans la première partie, l’auteur met l’accent sur les relations de l’Algérie avec le reste du monde : « Pour se construire durablement et affirmer sa place dans le monde, l’Algérie doit s’ancrer de manière stratégique dans trois espaces géopolitiques : le Maghreb, l’Afrique sub-saharienne et le bassin méditerranéen. Cet ancrage, qui dépasse la seule dimension géographique, repose sur des liens historiques, culturels, économiques et diplomatiques » (p. 23). Dans cette partie, l’auteur souligne aussi le poids de la démographie sur le devenir de l’Algérie : « Si l’Algérie ne prend pas dès maintenant des mesures pour préparer le vieillissement inévitable de sa population dans les prochaines décennies, elle s’exposera à un effondrement du système de santé, à une crise des retraites, et à une paupérisation massive des personnes âgées » (p. 42). Concernant l’économie, Hamourit dira qu’il faut dépasser l’analyse quantitative pour entrer dans une analyse plus qualitative de la situation et des opportunités économiques de l’Algérie : « Un portrait économique d’un pays ne peut pas ignorer l’évolution et les changements dans la sphère politique, sociale, culturelle et autre. Il ne peut pas non plus ignorer les déficits environnementaux qui pèsent sur le pays, en grande partie par l’exploitation effrénée des hydrocarbures » (p. 43). A propos de l’importance du facteur politique dans la détermination de l’avenir du pays, Hamourit écrit : « Les défis structurels auxquels l’Algérie est confrontée relèvent avant tout de la gouvernance, qui demeure le cœur de la problématique nationale. C’est de la capacité et du courage des décideurs politiques à dépasser les contraintes idéologiques qui ont paralysé le pays depuis l’indépendance que dépendra l’émergence de solutions capables de tracer sérieusement son avenir » (p. 62).

Dans la deuxième partie, l’auteur analyse la structure de l’économie algérienne, abordant successivement les questions de l’industrie, de l’agriculture, de l’économie informelle. Concernant l’industrie, il souligne le gigantisme qui a caractérisé l’économie algérienne depuis l’indépendance et ses effets sur l’économie et la société. Pour y remédier, il propose : « Pour que l’industrie algérienne retrouve sa vitalité, il faut bâtir des filières complètes dans lesquelles chaque maillon, de la production à la transformation, puis jusqu’à la distribution, s’inscrive dans une logique économique et territoriale claire et durable […] Il convient de concevoir l’industrie comme un écosystème intégré plutôt que comme une somme d’initiatives isolées. Les plans de relance qui se sont succédés au fil des décennies ont trop souvent manqué de vision, privilégiant les secteurs à rente rapide tels que les BTP, l’import-export, ou les grandes infrastructures, au détriment des activités réellement productives » (pp. 71-72). Sur le gigantisme industriel, Hamourit dira : « Il est temps de cesser de ‘voir grand’, sans fondement solide, et de commencer à ‘voir juste’ » (p. 72). Sur l’agriculture, l’auteur regrette que ce secteur si stratégique pour l’autosuffisance alimentaire soit totalement négligé. Il souligne l’importance que représentent trois produits de base dans l’alimentation des Algériens : le blé, le lait et la pomme de terre : « Ces trois filières occupent une place centrale dans l’alimentation quotidienne des Algériens. Etudier ensemble la pomme de terre, le lait et le blé permet de mettre en lumière les contrastes structurels de l’agriculture algérienne, entre dépendance extérieure et potentiel local, entre fragilités persistantes et opportunités concrètes. Ces trois produits, à eux seuls, permettent de poser un regard lucide sur les défis que le pays doit relever en matière de sécurité alimentaire, de souveraineté productive et de résilience face aux crises à venir » (p. 87). S’agissant de l’économie informelle, voici ce qu’il dit : « Il n’est pas étonnant que l’économie informelle ait pris des proportions monumentales, puisqu’il faut survivre dans un monde où l’Etat promet beaucoup mais délivre peu, où les lois sont flottantes, et où la prévisibilité est un luxe ; autant créer ses propres règles, vendre sans factures, payer en liquide et se débrouiller » (p. 69).

Dans la troisième partie, l’auteur aborde les questions relatives au système bancaire en Algérie, aux investissements étrangers, à l’opacité budgétaire, à l’inconvertibilité du dinar, et à la corruption. Sur le système financier en général et le système bancaire en particulier, Hamourit écrit : « Le système bancaire ne constitue pas un simple outil technique, puisqu’il représente le cœur de la circulation économique, là où se concentrent la confiance, la prévoyance, et la projection vers l’avenir. Dès lors, sans réforme profonde de ce secteur, aucun projet de développement ne peut réellement s’ancrer et prospérer » (p. 138). A propos de la faible attractivité de l’Algérie aux investissements étrangers et de son aversion pour ces derniers, l’auteur dira : « L’investissement étranger n’est pas une menace pour la souveraineté, mais une chance de la consolider par la croissance, un moyen de sortir de la rente des hydrocarbures qui n’est pas de nature à offrir un avenir aux générations futures » (p. 160). Sur la non séparation des pouvoirs et le phénomène de corruption, Hamourit souligne : « Lorsque certains walis, dans un excès de zèle, prétendent incarner la justice, ils brouillent la frontière entre gouvernance et magistrature, ce qui entretient une confusion dangereuse où l’administration s’érige en juge et où l’arbitraire risque de supplanter la règle de droit » (p. 173). Concernant l’inconvertibilité du dinar, l’auteur écrit : « De ce fait, nous sommes confrontés à un système monétaire dédoublé, qui demeure officiel dans les textes, mais parallèle dans les faits. Or, ce double jeu compromet toute réforme sérieuse, dans la mesure où le dinar reste prisonnier d’une structure opaque, au service d’intérêts privés et coupé de la réalité économique « (p. 190).

Dans la quatrième partie, l’auteur parle de la « faillite » du système éducatif, du délabrement et de l’insalubrité qui, dit-il, sont visibles partout, et de la non-participation de la société civile aux décisions sur l’avenir des citoyens. Sur le système éducatif, il écrit : « Il est manifeste que le système éducatif a souvent été une machine à produire des élèves formatés, davantage entraînés à la mémorisation qu’à la pensée autonome, profondément déconnectés des réalités économiques, et dont beaucoup, plutôt l’écrasante majorité, se retrouvent mal préparés à la vie professionnelle, peu armés pour comprendre et habiter leur époque » (p. 203). Parlant du délabrement généralisé dans tous les secteurs, Hamourit dira : « Dans la vie quotidienne en Algérie, ce qui frappe immédiatement l’observateur, c’est l’état de délabrement général des infrastructures […] Les files d’attente désorganisées, les agents dépassés, les panneaux cassés ou inexistants, la signalétique incohérente et les lenteurs administratives composent ainsi une scène familière qui n’évoque pas un pays organisé mais plutôt un pays où le service public et l’efficacité ne sont pas des valeurs centrales. Il ne s’agit pas de dysfonctionnements ponctuels : ce désordre relève d’un problème structurel profondément enraciné où l’improvisation est devenue la norme et où la médiocrité s’est, peu à peu, institutionnalisée » (p. 242). Hamourit parle aussi de l’absence de participation de la société civile dans les décisions concernant les citoyens : « Aujourd’hui, l’Algérien n’est pas pleinement un citoyen : il reste souvent un sujet passif, un usager mécontent mais désengagé, un bénéficiaire sans responsabilité. Or, la citoyenneté ne se réduit ni à une carte d’identité, ni au vote : elle implique de participer ♪ la vie collective, de respecter les lois par conscience du bien commun, et de se sentir responsable de l’espace partagé. Le citoyen ne se contente pas d’attendre l’Etat : il participe, critique, propose et protège ce qui est commun, car la citoyenneté est une maturité politique et morale fondée sur le lien entre liberté et responsabilité » (p. 255).

Dans la cinquième partie, Hamourit parle de reconstruire l’imaginaire algérien et de la prééminence des références religieuses et historiques par rapport aux préoccupations futures. Concernant l’imaginaire algérien, il dira : « Le vrai changement ne peut advenir que s’il atteint le cœur invisible mais décisif de la société : son imaginaire. Changer de cap exige plus que des politiques publiques ; cela demande un travail sur les représentations mentales collectives, sur les récits que les Algériens se racontent à propos de leur histoire, leur place dans le monde, leur rapport à la modernité, au savoir, à l’autorité. C’est en secouant cet imaginaire, en le confrontant à d’autres horizons possibles, qu’un nouveau souffle peut émerger » (p. 282). L’auteur considère que cet imaginaire est marqué par les références historiques et religieuses : « L’imaginaire algérien contemporain s’appuie aujourd’hui sur des piliers aujourd’hui fragilisés : la guerre d’indépendance et le Front de Libération Nationale, érigés en unique source de légitimité politique, l’arabité érigée en dogme identitaire, l’Etat-nation conçu comme une forteresse intouchable, ainsi qu’un rapport au religieux largement instrumentalisé et souvent dépourvu de profondeur vécue. Ces piliers ne répondent plus aux aspirations d’une jeunesse qui ne s’identifie plus au langage du pouvoir, ni aux formes anciennes de la mobilisation. Une jeunesse qui, sans toujours le formuler, cherche une autre Algérie, non pas contre l’héritage, mais au-delà de ses caricatures » (p. 284). Parlant de la jeunesse désorientée, Hamourit écrit : « Les jeunes ne fuient pas seulement la pauvreté, ils fuient le vide. Ils quittent un pays qui ne leur dit pas ce qu’il veut être […] Il faudra rendre aux citoyens cette dignité qui consiste à les considérer capables de comprendre, de participer, d’agir » (p. 292).

Dans la dernière partie, Omar Hamourit parle des défis écologiques auxquels fait face le pays, de l’échec des tentatives passées de diversification de l’économie, de l’absence d’ouverture vers l’intérieur et l’extérieur, et de la nécessité de réformer les mentalités. S’agissant des défis écologiques, l’auteur souligne : « Nier le changement climatique, c’est commettre une triple faute : une erreur scientifique en refusant les faits ; une erreur stratégique en retardant l’action ; et une erreur morale, en compromettant l’avenir des générations futures. C’est se détourner du réel à un moment où celui-ci exige plus que jamais, lucidité, courage et volonté » (p. 322). Il dira encore : « L’écologie ne doit pas être considérée comme un luxe ni comme un simple appendice technologique ; elle doit au contraire constituer un axe stratégique national » (p. 302). Parlant des tentatives avortées de diversification de l’économie, Hamourit dira : « Nous avons vu se succéder de nombreuses tentatives de diversification économique en Algérie. Presque toutes ont été lancées avec fracas, puis abandonnées, englouties par une gouvernance défaillante, une bureaucratie lourde et une corruption persistante » (p. 312). Sur l’absence d’ouverture sur le monde, l’auteur rappelle : « Le pays a longtemps crû pouvoir se développer en dehors du monde, dans une autarcie illusoire, fondée sur un système financier vétuste, une devise non convertible, un appareil fiscal obsolète et des dispositifs d’investissements dissuasifs » (p. 313). Il ajoute : « En se fermant aux capitaux et à la concurrence, l’Algérie s’est privée d’un levier de croissance essentiel. Tant que le crédit ne financera ni la production, ni l’innovation, ni l’agriculture, l’économie restera figée » (p. 313).

Dans la conclusion de son livre, l’auteur souligne que l’avenir n’est pas quelque chose de facile à concevoir et est loin d’être certain. Par ailleurs, l’avenir requiert un certain nombre de conditions pour se réaliser : « L’avenir, parce qu’il n’est pas la simple prolongation du présent, ni une échéance abstraite, demeure un horizon incertain qui se façonne à travers les décisions, les risques et les volontés. A l’horizon 2030-2075, l’Algérie devra affronter des défis étroitement liés : pression démographique, croissante, transition énergétique imposée, dépendance persistance aux hydrocarbures et vulnérabilités écologiques, dans un contexte où la population pourrait dépasser 50 millions d’habitants » (p. 339). Il ajoute : « Car l’avenir du pays dépend moins des discours que de sa capacité à agir collectivement, en mobilisant les ressources économiques, sociales et institutionnelles […] Cette transformation implique également que soient repensés l‘éducation, l’imaginaire collectif et le rôle de l’Etat, afin que la société civile devienne un acteur du changement » (p. 339)./

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