
Soumettre notre école et notre université à des problématiques de confrontations ne peut pas cerner totalementune réalité qui dépasse de loin les antagonismes des uns et des autres.
par B. Bousselah
On est tous concerné par le devenir de l’école et de l’université Algérienne car ce sont les bases des développements de la nation. On doit s’inquiéter au quotidien du niveau de notre école de son prolongement vers la formation ou vers le supérieur.
On doit s’inquiéter également des développements technologiques incessants et de la grande révolution introduite par l’utilisation de l’intelligence artificielle à tous les niveaux et surtout les transformations et les impacts qu’elle peut introduire sur tout notre système éducatif.
Avant d’aborder la grande question de l’impact de l’IA sur notre système éducatif, il est important de faire la distinction entre les différentes branches de l’IA. Pour bien situer le lecteur, on peut affirmer de façon sommaire que l’IA renferme plusieurs branches qu’on peut brièvement résumer comme suit sans aller dans le détail car les ramifications son nombreuses.
– IA symbolique ;
– Apprentissage automatique (Machine
Learning – ML) ;
– IA générative.
Dans l’éducation, ce n’est pas une seule branche ou ramification de l’IA qui intervient. Plusieurs ramifications se combinent. Mais celles qui jouent le rôle le plus important dans la transformation actuelle de l’enseignement, c’est l’IA générative combiné à l’apprentissage automatique (Machine Learning -ML). L’IA générative est la branche qui transforme le plus directement la relation enseignant-apprenant. C’est l’application la plus visible de l’IA.
Par exemple ChatGPT ou DeepSeek sont des intelligences artificielles génératives, alimentée par de grands modèles de langages (Large Language Model -LLM) et qui reposent sur des techniques d’apprentissage automatique (ML).
L’IA et l’éducation
L’intelligence artificielle est en train de modifier profondément notre rapport à la connaissance. Elle intervient désormais dans des activités que l’on considérait jusqu’à récemment comme relevant exclusivement de l’intelligence humaine. Cette évolution pose de grandes questions à l’école Algérienne.
L’arrivée de l’intelligence artificielle nous oblige à repenser la finalité de l’école. On doit passer d’une logique de transmission à une logique d’apprentissage.
Doit-on conserver le fonctionnement de notre le système éducatif exactement tel qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire la transmission du savoir et laisser l’apprenant utiliser l’IA pour ses propres besoins. C’est la réalité d’aujourd’hui et cela pose un grand problème. Il y aura une rupture entre l’enseignement et l’apprentissage car transmettre un savoir (enseignement) ne veut nullement acquisition de ce savoir (apprentissage).
L’IA nous oblige aujourd’hui à revoir de façon simultanée, les programmes, les méthodes pédagogiques, le rôle de l’enseignant, le rôle de l’élève et tous les éléments inhérents à tout cela. On voit bien que c’est un grand chantier et qu’il nécessité les actions et les efforts de chacun. C’est un problème systémique.
L’IA est en train de modifier la manière d’enseigner, d’apprendre, d’évaluer et même de concevoir les programmes et les méthodologies pédagogiques.
L’IA est une source d’espoir pour l’éducation car elle se met au niveau de tous. Son utilisation rationnelle et j’insiste sur l’aspect rationnel, permet de réduire considérablement la recherche et l’organisation de l’information.
L’IA peut être également un chemin vers plus de démocratisation à l’accès au savoir, surtout pour ceux qui n’ont pas accès à un enseignement ou à des ressources pédagogiques de qualité.
L’intelligence artificielle est en train de s’imposer dans la transformation des systèmes éducatifs à travers le monde. Aujourd’hui, il existe un marché de l’Edtech (Educational Technologies) qui concerne l’ensemble des activités économiques, des technologies et des services qui appliquent le numérique et l’innovation au secteur de l’éducation et de la formation et qui est en progession continue. A travers le monde, de plus en plus d’établissement se tournent vers l’enseignement interactif, personnalisé et accessible grâce aux outils digitaux et à l’IA éducative avec comme souci l’amélioration de la motivation de l’apprenant, l’optimisation des méthodes et des pédagogies d’enseignement et également exploiter les données éducatives pour réduire les risques de décrochages et de déperditions.
La montée en puissance de l’IA doit absolument s’accompagner d’une prise de conscience institutionnelle. Il y a une nécessité d’élaborer une stratégie pour intégrer l’IA dans l’éducation et mettre en avant un usage responsable. Par exemple, on peut se référer au premier guide qui a été élaboré par l’UNESCO (publié en 2023) sur l’IA générative dans l’éducation qui insiste sur l’urgence d’agir et d’avoir des directives formelles sur l’usage de l’IA. On peut résumer ce rapport grâce à ces 3 points:
– Les premières recommandations sur l’IA générative dans l’éducation, visent à aider à mettre en œuvre des actions immédiates, à planifier des politiques à long terme et à développer les capacités humaines afin de garantir une vision de ces nouvelles technologies qui soit centrée sur l’humain,
– Il doit y avoir des mesures-clefs pour réglementer l’utilisation des outils de l’IA générative, notamment en rendant obligatoire la protection de la confidentialité des données et en envisageant une limite d’âge pour leur utilisation. Le guide décrit les exigences imposées aux fournisseurs de de L’IA générative pour permettre leur utilisation éthique (respecter les valeurs morales fondamentales dans l’éducation),
– Le guide propose également des orientations et des recommandations pour les établissements d’enseignement et aux décideurs pour l’emploi de l’IA générative, en fonction de sa pertinence pour l’éducation sur le plan éthique et pédagogique et dans l’objectif est de s’assurer de réels bénéfices pour la population des apprenants et des chercheurs lors de l’utilisation des outils de l’IA générative.
L’IA dans la formation enAlgérie
L’école Algérienne dans toutes ses ramifications, est en droit de se poser la question, quelles sont les règles à adopter car la plupart des apprenants et surtout les étudiants utilisent l’IA au quotidien. On ne peut pas regarder ailleurs et laisser les choses telles quelles car l’IA est en passe de devenir une composante normale de l’éducation.
Pour les apprenants, l’intégration de l’intelligence artificielle dans le processus éducatif peut apporter des bénéfices significatifs en termes de personnalisation, de motivation et d’inclusion, tout en soulevant de nouvelles questions quant à l’autonomie de l’élève et à l’équité de son évaluation.
L’Algérie a déjà engagé une transformation numérique aussi bien dans l’éducation nationale que dans l’enseignement supérieur. Cependant, il est impératif de savoir que l’IA n’est pas une simple numérisation supplémentaire car l’école traditionnelle associée à des ordinateurs, à internet et une plateforme d’IA générative ne fait pas ni l’école ni la formation de demain.
L’apparition de l’IA remet profondément en cause le modèle de l’école fondé principalement sur la transmission, la mémorisation, la restitution suivi par l’évaluation des connaissances comme mission principale. C’est ce l’on appelle l’école traditionnelle. Cette école traditionnelle repose largement sur un modèle dans lequel l’enseignant possède le savoir et le transmet à l’élève.
Le modèle traditionnel, a été à un moment de l’histoire nécessaire car la connaissance était limitée aux enseignants et aux livres. L’école était le nœud qui constituait le principal lieu organisé d’accès au savoir. L’intérêt est de transformer l’école pour former les apprenants à développer ce que l’IA ne peut pas leur donner, c’est à dire le jugement, l’esprit critique, la créativité, la responsabilité, la motivation d’apprendre et de décider dans un monde où l’IA devient un partenaire de l’intelligence humaine. Le danger qui guette la formation est l’idée de penser à se passer de l’enseignant, car l’intelligence artificielle permet aujourd’hui l’accès à l’information. Elle peut interpréter, reformuler, expliquer et produire de nouvelles informations à la demande. On a tendance à dire que l’IA est capable de transmettre le savoir mieux, plus rapidement et plus individuellement que l’enseignant, que reste t-il de l’acte d’enseigner?
La place de l’enseignant à l’ère de l’IA
A l’ère actuel, si l’enseignant continue à enseigner de façon traditionnelle, nécessairement l’apprenant va se dispenser de ses services et cela risque de rendre la place de l’enseignant inutile mais cela ne peut dépendre que de l’enseignant. Son rôle doit évoluer.
Adopter un raccourci et dire qu’il est temps de se passer de l’enseignant et des contraintes figées et imposées de l’école traditionnelle est un danger qui guette toutes les sociétés. Le grand risque c’est d’avoir des apprenants qui apprennent sans comprendre. L’exemple simple qu’on peut donner et que lorsqu’on pose un problème à un apprenant, l’IA permet de lui donner la solution mais il ne sait pas quel est le cheminement qui a adopté par l’IA pour obtenir cette solution. L’apprenant sait obtenir une solution sans savoir résoudre lui-même le problème. On a une illusion d’avoir acquis de la compétence ce qui est totalement faux. C’est le risque pédagogique par exemple de l’utilisation inappropriée de l’IA
Pour ne pas être dépassé par les évènements et cela est une nécessité, l’enseignant doit être à l’écoute des sensibilités de ses apprenants, car l’IA ne peut pas sentir ni le découragement ni le manque de motivation, ni les difficultés sociales, ni les difficultés liées à l’environnement ou les besoins particuliers de l’apprenant. Elle est juste là pour répondre à des questions ou des «prompts».
Ainsi l’enseignant ne joue pas uniquement le rôle de transmetteur de connaissances mais un concepteur d’apprentissages, accompagnateur, guide, évaluateur et garant de la qualité du savoir. L’IA est présente pour être un outil accompagnateur et facilitateur.
L’apprenant peut être soit un consommateur, un utilisateur ou un apprenant. Dans le premier cas l’IA est dangereuse et inutile car l’apprenant ne fait que reproduire un schéma.
Dans le second cas l’IA est un outil et pour le troisième cas, l’apprenant peut enrichir ses connaissances par une confrontation de son approche de la solution d’un problème avec celle préconisée par l’IA. Les deux derniers cas sont à mixer pour apprendre à utiliser l’IA pour un bénéfice maximum. C’est le rôle de l’enseignant de pouvoir diriger l’apprenant vers les meilleurs chemins possibles.
Le véritable enjeu est donc de faire évoluer le rôle de l’enseignant à tous les niveaux de la formation (éducation nationale, formation professionnelle, enseignement et recherche supérieurs).
À l’ère de l’IA, le rôle de l’enseignant ne doit plus être seulement un transmetteur de savoir, mais celui qui apprend à l’apprenant à construire son savoir. C’est ce que préconise ma pédagogie active. L’enseignant doit être un concepteur d’apprentissages, un accompagnateur, un guide, un évaluateur et garant de la qualité du savoir. L’IA est présente pour être un outil accompagnateur. Il y a donc une nécessité de former l’enseignant à cette nouvelle tâche irréversible.
La formation des enseignants à l’IA ne doit pas être superficielle. L’enseignant doit avoir une connaissance sur les principes fondamentaux de l’IA pour comprendre son fonctionnement et doit savoir utiliser l’IA pour un usage pédagogique adapté à ses apprenants. Dans ce contexte le cours qu’il doit présenter doit tenir compte de l’existence de l’IA. Ainsi pour réussir une intégration de l’IA de façon efficace et postive, il y a la nécessite d’adopter une démarche triangulaire entre les enseignants, les apprenants et l’IA avec comme point nodal et référent pédagogique l’enseignant.
Certes l’IA peut fournir plusieurs solutions à une problématique, mais laquelle est correcte, acceptable et adaptable à une situation donnée et pourquoi? C’est à l’enseignant de guider l’apprenant vers le jugement adéquat et le plus plausible.
Il est donc temps que l’école et l’enseignant en avant garde puissent apprendre à l’apprenant à construire, vérifier, mobiliser et utiliser ses connaissances. L’analyse critique ne peut se faire sans les connaissances nécessaires. Cela implique qu’il ne doit pas y avoir d’opposition entre connaissances et compétences. La connaissance c’est le savoir théorique mémorisé, alors que la compétence est l’utilisation de ce savoir pour atteindre un objectif précis. On voit bien qu’il doit y avoir une articulation entre les deux.
Les opportunités et les risques de l’IA
Il faut savoir que dans un groupe, les apprenants n’interagissent pas au même rythme. C’est un phénomène qui n’est pas perceptible par l’enseignant attentif. L’IA, elle peut proposer plusieurs niveaux d’explication et aussi des exemples concrets. Elle peut donc personnaliser l’apprentissage. C’est le coté très intéressant de l’IA, elle peut être un assistant pour l’enseignant. Ce qui permet à ce dernier de consacrer plus de temps à l’accompagnement et aux préoccupations de ses apprenants.
L’IA est certes un outil facilitateur de l’apprentissage mais il y a le risque de rendre cet apprentissage trop superficiel. Le défi qui est lancé à l’école et à l’université c’est d’apprendre à chacun, l’utilisation de l’IA pour apprendre et non pas pour éviter d’apprendre. En plus de ce défi, il y a les problèmes inhérents à l’évaluation des apprenants.
Avec l’existence de l’IA, l’évaluation est totalement bouleversée. On ne sait pas si c’est l’apprenant qui a rédigé seul un document ou un devoir ou c’est totalement l’IA qui s’est occupée de cette tâche. La note obtenue n’est plus une mesure de quantification de niveau.
A l’heure du développement technologique, on a vu des étudiants prendre des photos de problèmes et les donner à l’IA pour obtenir la solution toute prête. Ce que l’IA va faire sans difficulté. L’étudiant dans ce cas n’a développé ni sa réflexion ni son sens critique, ni sa compétence.
Ce qui pose donc le problème de la manière d’évaluer, qui doit absolument changer. On pourrait par exemple donner à l’apprenant la réponse à un problème et mettre quelque part une erreur «bug» et lui demander d’analyser cette réponse. Même s’il va utiliser l’IA, il se va se poser les questions fondamentales est ce que l’erreur provient de l’IA ou de la réponse source. Car l’IA n’est pas infaillible. Par ce phénomène on peut développer les connaissances et le sens de la critique et de l’analyse.
Les perspectives
L’école algérienne doit évoluer progressivement en relation avec l’évolution technologique et surtout par une utilisation appropriée de l’IA que cela soit au niveau de l’apprenant ou au niveau de l’enseignant pour pouvoir assister chacun à l’accompagnement de son apprentissage ou dans la préparation ou l’analyse de l’apprentissage.
Au niveau institutionnel, Il est fondamental de garantir un accès équitable aux ressources numériques pour s’assurer d’une utilisation rationnelle des potentialités que peut offrir l’IA.
La stratégie est de mettre à dispositif l’infrastructure nécessaire et de se baser sur une expérimentation pilote d’en tirer les résultats, ajuster les correctifs et ensuite généraliser l’aspect positif.
L’IA est déjà présente dans l’école Algérienne de façon externe et aléatoire par son utilisation au quotidien par tous les acteurs. Doit-on continuer sur ce chemin? Cela risque d’être néfaste. Pour y remédier, il faut se poser une question fondamentale, est ce qu’on souhaite une école centrée sur la transmission, la mémorisation et la restitution et qui utilise les nouvelles technologies? Ou bien passer à une école qui va profiter de l’IA et de ses évolutions pour en faire un instrument au profit de l’intelligence de l’apprenant et de l’évolution en général. Il est impératif de savoir que l’IA sait faire mais ne décide pas. L’individu doit savoir faire et il doit décider. C’est un impératif à tous les niveaux et c’est le rôle qui est exigé pour tous les lieux de formations. Il est important de noter que dans l’environnement qui est le notre, l’erreur absolument à éviter c’est d’importer des solutions conçues et adaptées par ailleurs car l’enjeu n’est pas uniquement technologique.
* Professeur des universités
– Auteur d’une dizaine ouvrages scientifiques dont la plupart sont visibles sur internet
– Vice-président de la Commission de la réforme du système éducatif,
– Recteur de l’Université de Sétif,
– Directeur de l’Observatoire national de l’éducation et de la formation
– Président du Centre pour la promotion de la recherche de l’ISESCO
– A exercé des fonctions de formation auprès d’institutions étrangères
– Ancien conseiller du Président de la République pour les nouvelles technologies
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Menace sur le monde
L’IA, une idéologie et une poignée de milliardaires à la manœuvre
«Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître et dans ce clair-obscur surgissent les monstres». Antonio Gramsci.
par Abdelkader Leklek
PRELUDE
L’ordre en place qui structure la terre arrive-t-il à son terme ?
Même si aucun agencement structurel d’une quelconque organisation n’est immuable et que tout système à un moment donné atteint sa saturation. Le monde a bien connu divers cycles et qu’enfin de compte il y eut des adaptations, des acclimatations, des restructurations, des redistributions d’influences, mais la vie a toujours repris le dessus et les humains ont continué à cohabiter selon de nouvelles normes et d’autres modèles.
Les terriens ont toujours su trouvé le chemin pour s’adapter à tous les bousculements, même avec de la casse et des dégâts dans les constructions sociales élaborées durant des siècles. Souventefois, il y eut des génocides et autres ethnocides, cependant la vie a toujours triomphé.
Sans remonter au déluge ni à la révolution prométhéenne, il y a eu des guerres, des reconfigurations géographiques, des conceptualisations de corps doctrinaires, des théories philosophiques, des systèmes de croyances. Des révolutions et des ruptures substantielles jalonnent l’histoire de l’humanité avec des déclassements sociaux, des générations éteintes et des disparitions de civilisations remplacées par d’autres. Jusque là toutefois, les grands équilibres ont pu être sauvés et maintenus pour que la vie sur la planète continue, combien même avec des inégalités structurelles, des disparités létales, des injustices garrotant tous les droits et des gaps dégradants déniant toute dignité humaine à l’autre.
D’éminents penseurs ont élaboré des idées préconisant chacun selon ses références un gouvernement mondial pour que la paix règne, sans jamais parvenir à l’instaurer. Les formes institutionnelles de gouvernance à essence bureaucratique et d’autres considérations les ont, jusqu’à présent, fait échouer.
Les protagonistes modernes de la nouvelle révolution, il n’y a aucune femme dans le lot, s’appuyant sur l’Intelligence Artificielle, et leurs entreprises leader de la Tech et surtout de la deep Tech, entreprennent de prendre le contrôle de toutes les structures qui organisent le pouvoir à travers le monde, pas en les attaquant en un face à face, mais en les contournant.
En face il y a des interventions étatiques en concurrence pour le leadership et enfin ceux et celles qui devant le dilemme de la nécessité de l’utilisation de l’IA, d’un côté et le risque de perdre son contrôle de l’autre. Donc à l’impossibilité de la bloquer au cas où. Ainsi, que faire ? Si ces derniers proposent un endiguement de l’IA, les deux autres sont prêts à tout.
COMMENT ?
Les patrons de la Tech utilisent au maximum les capacités de l’I A et œuvrent à pousser continuellement ses limites. Ils manipulent, quasiment en toute liberté, la puissance des possibilités qu’offrent les nouvelles technologies parce qu’ils en sont les exclusifs receleurs monopolistes.
LEUR BUT ?
Ils projettent de mettre la main sur une concentration de pouvoirs jamais atteinte depuis la création du monde, et la séquestrer entre les mains d’une coterie, une pseudo techno-élite.
Cette façon de procéder est par excellence disruptive. Elle diffère de toutes les aliénations que la terre aura vu passer. La planète garde dans chaque recoin de ses continents des mémoires, des stigmates et autres traumas de folies fondées sur des certitudes dont les aboutissements se sont déclinés au final en massacres idéologico-politiques, en exterminations à motivations religieuses, et différents génocides et ethniques. En camps de concentration, en goulags et autres laogai, ces camps de rééducation par le travail.
QUI SONT-ILS ?
Leur filiation et leur extraction tiennent en cette dénomination : LA PAYPAL MAFIA.
Dans une publication au Grand Continent14 mars 2026, Paolo Benanti, prêtre franciscain, en donne une description. Ce dernier fut conseiller du pape François Bergolio, il est expert auprès de l’ONU et du gouvernement italien et fut un acteur principal lors de la rédaction de l’Appel de Rome pour l’éthique de l’I A. C’est un document qui- grosso modo- aspire à mander l’opinion publique internationale pour agir afin que les protagonistes de l’I A s’engagent à garantir que toutes leurs innovations technologiques observent une éthique préservant la dignité humaine et le respect de l’environnement. Ainsi son développement demeurera réellement au service de l’intérêt et du bien commun de l’humanité.
Benanti en brosse ce tableau dans sa contribution à la revue cité supra, il dit : ‘’ce groupe d’anciens employés et cofondateurs de PayPal qui représente sans doute l’une des plus fortes concentrations de talent entrepreneurial et de puissance économique de notre époque’’.
‘’Cette alliance n’a rien de théorique ; au-delà du mythe, elle s’est forgée dans l’intensité d’un environnement extrêmement compétitif et dans la lutte commune pour la survie de PayPal à ses débuts.
Parmi ses membres figurent des personnalités qui ont littéralement redessiné le paysage technologique – et donc social – du XXIe siècle. Pour ne citer que quelques noms, aux côtés de Peter Thiel, véritable parrain intellectuel du groupe, on trouve Elon Musk, qui fondera ensuite Tesla et SpaceX ; Reid Hoffman, créateur de LinkedIn ; Max Levchin ; Chad Hurley, Steve Chen et Jawed Karim, fondateurs de YouTube ; Jeremy Stoppelman de Yelp ou encore David Sacks, actuel « tsar IA et crypto » de Trump, et le très influent Marc Andreessen.’’
Il est également à noter que cette identification leur vient d’une photo prise en costumes de parrains mafieux qui fut diffusée après leur vente du système de payement en ligne sécurisé, pay pal au site étasunien de commerce en ligne eBay en juillet 2002.
Sauf que depuis début de cette odyssée entrepreneuriale florissante et génératrice d’immenses fortunes qui est née dans la silicon valley d’un coté. Et de l’autre sa jonction politique avec le mouvement MAGA, les uns avaient besoin de financement, les autres avaient une détermination pour protéger leur monopole sur l’IA et par conséquent leurs pouvoirs et leurs fortunes ; il fallait alors une doxa, un leader et un corps doctrinaire efficaces et décisifs pour que ce couplage fonctionne.
Dès lors Peter Thiel s’engagea à développer une idéologie où s’amalgament diverses théories ultralibérales et de droite populiste, voire de transhumanisme pour former un système de pensée qui depuis jalonne ce nouveau ce prétendu système de gouvernance.
Cet assemblage doctrinal propagateur tire ses fondements de la théorie du désir mimétique développée par le philosophe français René Girard, dont Peter Thiel fut l’étudiant à Stanford. Abreuvé des enseignements du philosophe, Thiel échafauda un management à la fois stratégique et opérationnel pour s’affirmer. Il fut le premier investisseur externe de facebook, en y injectant 500 000 dollars us. A ce sujet, on dit de lui qu’il avait su anticiper l’avenir. Il avait compris avant tous les autres, que l’utilisation de l’immense banque de données qu’allait générer et accumuler l’application, sa formidable expansion rapide ainsi que les gains qu’elle allait drainer étaient l’avenir du business et aussi du pouvoir. On lui attribut également la paternité et l’ingéniosité du bouton ‘’like’’, cet outil qui fait le bonheur des banques de données avait été en réalité conçu et déployé par les équipes d’ingénieurs et de designers de Facebook en 2009, mais cela atteste la matérialisation de la théorie du désir mimétique de René Girard. Qui affirme que : un individu ne désir pas d’une manière autonome, mais imite le désir d’un autre qu’il prend pour modèle. Selon Girard, le triptyque est le suivant : le sujet, l’objet désiré et le modèle imité.
Se sont Nastasia Hadjadji et Olivier Tesquet qui dépeignent au plus prés Thiel en lui consacrant un chapitre, pages 29/37, dans leur opus : Apocalypse Nerds, éd. Divergences 2025. Ils le décrivent ainsi ; ‘’ Thiel s’es progressivement imposé comme le centre de gravité d’une nouvelle droite technocratique. Qui veut au choix, dévorer la politique ou s’en emparer. Il est devenu un sismographe ; l’observer permet de détecter les secousses et les lignes de faille de l’ordre technofasciste naissant. Dans son ombre grandissent une constellation d’idéologues, de startups et même son extension politique à la Maison Blanche, le vice-président en personne. J D Vance’’. (…) il est à l’origine de l’idéologie qui a fini par définir la Silicon Valley : le progrès technologique doit être poursuivi sans relâche et sans se soucier, ou presque, des coûts potentiels ou des dangers pour la société’’. (…) la mission de paypal est très claire dans l’esprit de Thiel : éroder, si ce n’est corroder l’Etat nation, et poser la technologie en alternative à la politique. Il expliquait : la vision fondatrice initiale était que nous allions utiliser la technologie pour renverser le système monétaire international. Nous étions peu nombreux pour gagner une élection, mais nous pouvions peut-être changer le monde unilatéralement sans avoir à constamment convaincre l’opinion, la supplier et l’implorer.’’
Par ailleurs, Thiel a affirmé ceci:’’ je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles’’.
Depuis il a créée en 2004 Palantir l’entreprise spécialisée dans l’analyse massive de données, par l’intelligence artificielle, qui selon les mêmes auteurs a été financée par In-Q-Tel, le fonds d’investissement de la CIA.
Bien que la PayPal Mafia soit composée de 19 membres, Benanti a choisi de ne retenir que quatre figures qui par leur façon d’agir menacent l’agencement contemporain du monde. Il s’agit de : Peter Thiel : cofondateur de PayPal et Fondateur de Palantir Technologies et, qui théorise la sortie de la démocratie par le monopole technologique.
Elon Musk : Cofondateur de PayPal et figure de proue de l’accélérationnisme de la Tech, aujourd’hui très lié à la restructuration de l’appareil d’État .Reid Hoffman : Membre éminent de la «PayPal Mafia», cofondateur de LinkedIn. Marc Andreessen : Investisseur majeur de la Silicon Valley, théoricien du techno-optimisme radical et du pouvoir des algorithmes.
QUELLE EST LEUR IDEOLOGIE ?
A y regarder de plus près, il s’agit d’une hybridité. Une nébuleuse fluctuante au gré des besoins de ses démiurges. Essentiellement d’obédience libertariste radicale, elle renferme la primauté de la liberté individuelle sans limites et du marché sur les attributs régalien de l’Etat. Cela se décline en le rejet de la démocratie et tous ses composants, qui selon cette camarilla entravent les libertés économiques, quand le suffrage universel est lui banni au profit du gouvernement d’une élite de technocrates visionnaire, prônant le techno-solutionnisme.
L’Etat est perçu comme un frein à l’innovation et aux libertés individuelles. Ils rejettent toutes les régulations légales, qu’elles soient économiques sociales. Désormais, Peter Thiel prône lors ses conférences et séminaires sur inscription et en présentiel uniquement, strictement fermés et confidentiels, un techno-prophétisme. A Rome en mars 2026 lors d’une série de quatre conférences il avait, selon certaines fuites, développé ses pensées synthétisées ainsi :’’ Et si l’Antéchrist du XXII” siècle n’était pas le technologue fou, mais celui qui promet de sauver l’humanité des dangers de la technologie en supprimant progressivement sa liberté ?’’
Ceci dit, il y a une autre facette de cette idéologie qui exalte le transhumanisme, porté particulièrement par Elon Musk à travers son entreprise Neuralink qui finance la recherche et le développement contre le vieillissement. Mais aussi, tout le programme pour élargir les perspectives dans le domaine de la neurotechnologie porté par ce transhumanisme.
En l’occurrence, le programme consiste en l’insertion d’implants cérébraux, c’est à dire de puçage du cerveau. D’ailleurs, le 30 janvier 2024, un premier patient a été greffé avec une puce Neuralink nommé Telepathy. Dans la même démarche, c’est Musk qui formulait en bon conseilleur prêcheur, sa théorie principielle et aussi son credo cardinal. Il recommandait : ‘’ Si vous ne pouvez battre la machine, le mieux est d’en devenir une’’. Cela se passait lors du sommet mondial des gouvernements, cet événement annuel qui se tient depuis 2013 à Dubaï. Ce conclave traite des questions du futurisme, des technologies et des innovations.
Au sujet du propriétaire de Tesla, au début d’un article sur la revue Philosophie magazine de février 2025, intitulé : ‘’ Dans la tête d’Elon Musk, la rédactrice en chef, Anne Sophie Moreau s’interrogeait : Mais qu’incarne au juste la figure de Musk ?
Elle répond ainsi : ‘’ le futur, sans doute. Un futur qu’il invente sans attendre que l’Etat s’en mêle, voire en piétinant les principes qui régissent la société’’.
Dans cette réplique il y a un véritable concentré du projet qui est mis en route par Musk. Pour cela, lui qui se dit libertarien, c’est-à-dire opposé à l’étatisme, cette doctrine qui prône l’intervention systématique de l’Etat. Lui qui conteste l’existence de toutes les structures gouvernementales, qui réfute toute forme d’impôts, s’est rapproché de l’Etat US, sans s’encombrer de qui le dirige, démocrates, républicains ou autres, pour bénéficier des subventions étatiques et de la commande publique à montants énormes, pour faire tourner et fructifier ses affaires.
C’est la même conduite pour Peter Thiel, qui à travers son entreprise Palantir possèdent des contrats faramineux avec beaucoup d’états. Il fournit des logiciels d’analyses de données massives, de d’intégration au gouvernement des USA, à ses armées, à la CIA, au FBI et particulièrement à l’ICE la police de l’émigration.
Il fournit également la Grande Bretagne, la France jusqu’à juin 2026 et bien entendu Israël. Dans le cas de l’état sioniste, Mathéo Malik rédacteur en chef de la revue Grand Continent, dit dans un article publié 09 mars 2026 :’’les systèmes connus sous le nom de Gospel et Lavender sont des outils de génération automatisée de cibles, qui produisent des recommandations d’objectifs militaires à un rythme et à une échelle qu’aucun analyste humain ne pourrait égaler. Des enquêtes journalistiques, notamment du média israélo-palestinien +972, ont documenté la manière dont ces systèmes contribuent à une logique de ciblage de masse, dans laquelle le seuil de tolérance aux dommages collatéraux a été algorithmiquement rehaussé. Gospel et Lavender sont des systèmes développés en interne par l’unité 8200 de Tsahal, et à ce titre ils ne sont pas des produits Palantir, mais cette distinction ne suffit pas à dédouaner l’entreprise. ‘’.
C’est de ce sujet là que traite et dénonce le film documentaire Naza , qui a reçu le prix spécial du jury à la Mostra de Venise 2026 et qui a été largement vilipendé en Israël et dont les auteurs sont menacés par Netanyahou de déchéance de la nationalité israélienne. C’est dans l’ordre de la stratégie de défense sioniste. Zéro critique de sa criminelle armée tueuse d’enfants.
Le titre fait référence à un acronyme militaire hébreu (nezek agavi), qui se traduit en français par ‘’ dommage collatéral ‘’. Le film explore et dénonce l’utilisation massive de l’intelligence artificielle et des technologies de surveillance par l’armée israélienne pour planifier les frappes aériennes et cibler systématiquement les suspects dans la bande de Gaza depuis le 7 octobre 2023. Dans le film, cet acronyme désigne précisément le seuil ou le nombre de victimes civiles jugé «acceptable» par les forces israéliennes sur leurs écrans de contrôle lors de la validation d’une frappe visant à éliminer une cible militaire.
LES REACTIONS A CE DETOURNEMENT DE L’IA PAR LES ETATS
Des voix autorisées commencent à se faire entendre pour rejeter cette stratégie hégémonique de l’utilisation de l’IA, pour l’orienter vers le bien être humain commun. Elles dénoncent pareillement la course effrénée de certaines entreprise de la Tech à une forme de surenchères à finalité humainement contre productive.
Dans livre intitulé : la déferlante, intelligence artificielle, pouvoir : le dilemme majeur du XXIe siècle, éditions Fayard 2023, Mustafa Suleyman et Michael Bhaskar, proposaient déjà une conduite à tenir. La voici résumée, justement par l’intelligence artificielle : ‘’ Comment conserver les bénéfices de la technologie tout en empêchant ses usages les plus dangereux ? Nous ne pouvons probablement pas arrêter la vague technologique, mais nous devons apprendre à la contenir et à l’orienter. Nous ne pouvons pas empêcher la vague technologique d’arriver ; notre seule véritable chance est de construire suffisamment de garde-fous pour pouvoir la traverser sans être submergés par elle. Le problème n’est pas de supprimer la vague, mais d’apprendre à naviguer avec elle’’.
Avant cette mise en garde et dans la même veine, l’essayiste italo-suisse Empoli Giuliano, dans son livre : ‘’ les ingénieurs du chaos’’, avait développé un modèle démontrant les menaces que pouvaient déclencher l’utilisation ténébreuse de l’IA, en politique. Il visait les spin doctors, ces idéologues occidentaux, connectés aux Big-Data qui utilisent une forme d’IA pour influencer et manipuler les opinions, au profit de leurs intérêts. Voici le schéma des ingénieurs du chaos vu également par l’intelligence artificielle :
1/La politique devient un produit personnalisé : grâce aux données numériques, les campagnes peuvent cibler différents groupes avec des messages adaptés.
2/La colère devient une ressource politique : plutôt que de chercher systématiquement le consensus, certains stratèges cherchent à provoquer l’indignation et le conflit, car les contenus émotionnels circulent davantage.
3/Les réseaux sociaux bouleversent le débat public : les algorithmes favorisent souvent les contenus qui suscitent réactions, commentaires et partages.
4/La provocation peut devenir une stratégie : scandales, erreurs, déclarations choquantes et polémiques permettent de rester constamment présent dans l’espace médiatique.
5/Les faits et les émotions entrent en concurrence : les théories complotistes et les fausses informations peuvent prospérer lorsqu’elles correspondent aux croyances ou aux frustrations d’un public.
6/Le « peuple contre les élites » devient un récit politique puissant : l’inexpérience d’un candidat peut être présentée comme une preuve qu’il n’appartient pas au système traditionnel.
QUE FAIRE ?
Considérant ces avertissements, serait-il avantageux ou pas de réguler ?
Les bienfaits, les avantages, le gain de temps et autres facilités que permet l’intelligence artificielle sont, il indéniable, vitaux, cruciaux et décisifs, que des protocoles de contrôle, de surveillance et d’alerte soient dès à présent envisagés et mis en place.
Grace à l’intelligence artificielle beaucoup de secrets de l’univers ont été pénétrés. Divers traitements de maladies qui étaient insaisissables, il y a peu de temps, furent maitrisés au profit des humains.
La biotechnologie permet aujourd’hui de manipuler le vivant pour lutter contre les maladies et apporter, par exemple, des solutions à l’agriculture, pour mieux nourrir les gens, préserver la planète et la rendre durable. Mais des manipulations pernicieuses de cette même biotechnologie, peuvent mener la civilisation humaine à des fortunes funestes.
C’est cette appréhension qui a décidé des chercheurs et des acteurs notables de la sphère mondiale de la Tech de sortir de leurs zones de confort et lancer des alertes. Ainsi le 09 septembre 2026, Jacob Coxon ancien ingénieur démissionnaire de Anthropic et Open IA, dénonçait une course sans aucun contrôle au leadership de la Tech. La crainte que le développement d’une super IA, auto-améliorante ne devienne incontrôlable.
En somme il affirmait que : ‘’ Les personnes qui construisent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie. Ce n’est pas un coup marketing’’.
Cette version de l’IA dite super intelligence artificielle, une variante qui dit-on qui :’’posséderait une conscience d’elle-même, la faculté d’éprouver des souhaits et l’aptitude à s’améliorer de manière autonome et continuer sans intervention humaine’’.
Cette appréhension avait fait l’objet d’une publication du patron de Anthropic Dario Amodéi en janvier 2026 intitulée : ‘’l’adolescence de la technologie’’, dans laquelle il désignait : la perte de contrôle, l’utilisation malveillante, le bouleversement économiques et la concentration du pouvoir, comme risques envisageables en l’état des choses dans ce domaine qui attarde à être régulé. ‘’
Dès lors se pose la question résolutive : comment procéder pour garder toutes les fonctions qu’offre l’intelligence, sans tomber dans ses travers hostiles et malveillants qui mettraient en péril la civilisation humaine ?
Si l’on projetait sur une mappemonde digitale les zones de maitrise de l’ensemble, des détails, de l’apparent, du latent, du flouté et de l’invisibilisé dans le domaine recherche et développement de l’IA, on verrait apparaitre du mouvement uniquement dans trois régions, les USA, la Grande Bretagne et la Chine. De l’animation en Inde, à Singapour, au Japon, en Corée du sud et dans l’état sioniste d’Israël. Ailleurs de part le monde se manifesteront quelques frémissements un peu partout plus moins inégaux, mais qui ne peuvent avoir de l’autorité afin de décider de l’avenir sans risque de la croissance et du déploiement de l’IA.
LE DUEL DES GEANTS
Qui paie l’orchestre choisit la musique, dit le proverbe. Les économistes le reformulent en : celui qui finance commande. Quand les USA représentent un financement de 56% des investissements mondiaux, en matière d’IA ,la Chine de 9 à 18,voire 25% ,et la Grande Bretagne autour de 9%, le centre de prise de décision est manifestement identifié.
Dans la course de la démesure pour occuper la pole position en matière de développement de l’IA, peut-on raisonner les challengers et les convaincre de commencer à réguler face aux dangers à venir, encore plus quand il s’agit des deux géants qui se projettent dans une dimension d’être à la manœuvre de tout ce qui se fera, désormais, à travers l’univers ?
Le patron d’Anthropic Amodéi dit : ‘’ si chaque pays ralentit fortement son développement pour des raisons de sécurité, alors qu’il pense que l’autre continue à avancer, chacun peut avoir peur de perdre son avantage stratégique.’’
L’intelligence artificielle, quant à elle, condense l’équation de ce duel entre géants comme suit : ‘’ Course à la puissance ’! peur de perdre l’avantage ’! difficulté à ralentir ’! besoin de règles ’! difficulté à faire confiance à l’autre puissance.
A cet égard, le philosophe et futurologue suédois Nick Bostrom dit dans son livre : super intelligence, édition Dunod, 2014 : ‘’ la résolution du problème du contrôle est la tâche la plus importante de notre époque. Une fois la superintelligence née, il sera trop tard pour la brider, car elle saura anticiper et déjouer toutes nos tentatives de confinement (comme simuler la docilité pour mieux s’échapper) . ‘’Une IA dépassant largement l’intelligence humaine pourrait devenir extrêmement difficile à contrôler, et il faut donc résoudre le problème de son alignement avec les objectifs humains avant qu’elle n’atteigne ce niveau’’.
CONCLUSION
Une sagesse de mon village dit : ‘’Si vous pouvez concevoir l’inconstance vous pouvez l’atteindre’’.
En conséquence, pour quantifier la nocivité d’une utilisation macabre de l’IA, remplacez l’objet de ce que vous pouvez concevoir dans la sentence, par : justice, objectivité, mesure de sagesse, bon sens, discernement, modération ou bien lucidité pour sauvegarder la civilisation humaine et un début de réponse vous apparaitra peut-être./
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